Pompes publiques : une solution pour le prix de l'essence ?

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Selon l’association de consommateurs CLCV, les prix de l’essence varient fortement en fonction des départements. A Paris, en Corse et dans certains départements ruraux – le Cantal, l’Allier, la Creuse ou la Corrèze – les prix du gazole et de l’essence sont plus chers qu’ailleurs. L'écart va jusqu'à 15 centimes par litre par exemple entre Paris et la Charente-Maritime pour le gazole. La région Poitou-Charentes est la moins chère de France.
Selon la CLCV, il y a deux raisons à de tels écarts : la taxe sur la consommation intérieure (TICPE, ex-TIPP). Fixée par l'Etat, elle peut être majorée de 2,5 centimes d'euros par litre sur décision du conseil régional. Toutes les régions en profitent au maximum, sauf le Poitou-Charentes qui ne l'applique pas, et Rhône-Alpes de façon moindre. Autre raison : la marge des distributeurs. Dans les départements ruraux, la population est moins dense, et les stations-service moins nombreuses. Les pompistes sont donc en situation de monopole, et n'ont aucun intérêt à jouer sur les prix pour attirer le chaland.
Une station-service gérée par la communauté de communes
La CLCV souhaite donc la création de points de distribution publics dans les zones sous-équipées. Aux Entremonts, à cheval sur la Savoie et l’Isère, la communauté de communes a décidé de construire et de gérer elle-même une station-service, créant de fait un service public du carburant. La station a ouvert au début de l'année 2012. « Nous sommes un bassin de vie éloigné des centres où on retrouve d’autres stations entre 20 et 30 minutes, explique Jean-Paul Claret, président de cette communauté de communes. Cette population permanente de 2000 habitants a besoin de ce service de proximité. Nous avons nos frais de gestion de la station-service. Le tarif que nous pratiquons est en moyenne de 6 centimes par litre supérieur au tarif des grandes surfaces ».
« Ça va plus loin que l’essence »
Une idée défendue par Vanik Berberian, président de l’Association des maires ruraux de France (AMRF) : « Quand vous allez dans un petit village, avec un pompiste, un boucher, un boulanger, une épicerie. Le jour où la station-service va fermer, les gens vont aller à la grande surface de la ville d’à côté ce qui fait que dans le village ce sont les autres commerces qui déclinent les uns après les autres et qui ferment aussi. Ça va bien plus loin que l’essence en tant que telle. Il n’y pas le choix, une personne qui n’a pas de voiture à la campagne ne peut pas vivre ».
« Il n’y aura pas de miracle »
Mais selon Jean-Louis Schilansky, président de l’Union française des industries pétrolières (UFIP), la construction de pompes publiques ne peut pas être une solution nationale. « Nous sommes contre le fait d’installer des pompes publiques sur l’ensemble du territoire parce que ça voudrait dire que nous avons une distribution nationalisée, et non seulement ça n’apporterait rien mais ça rendrait l’essence encore plus chère, explique-t-il. On peut voir des collectivités locales qui installeraient des pompes publiques pour des questions de service public. Mais ça ne peut être fait que dans des zones très localisées, et puis il n’y aura pas de miracle. Ces pompes débiteront peu de volume, ça reviendra cher et donc les prix resteront très élevés ».












