Pôle Emploi prévoit 1,6 million de recrutements cette année

Selon un chercheur, Pôle Emploi ne propose pas assez de formations de longue durée - -
Les entreprises françaises envisagent d'embaucher un million six cent mille personnes en 2013, mais la plupart des postes seront en CDD ou en l'intérim, selon l’enquête annuelle "besoin en main d’œuvre" rendue publique mardi par Pôle Emploi.
Commençons par les points positifs. Alors qu’on frôle officiellement les 5 millions de chômeurs dans l’Hexagone, les prévisions d'embauches, dont la plupart se situent dans le Sud-Ouest de la France, sont en hausse de 0,3% pour 2013.
Parmi les principaux emplois proposés, on retrouve des postes d’agents d'entretien, de serveurs, d’aides à domicile, d’apprentis de cuisine ou d’aides-soignants. En excluant les métiers saisonniers, c’est donc le secteur des métiers de services qui est le plus demandeur.
Les postes qualifiés ne sont pas en reste : ingénieurs et cadres informatiques, qui se classent à la cinquième place du top 10, devraient plus que tirer leur épingle du jeu. On annonce également des postes qualifiés vacants dans les domaines de la santé et de l'action sociale.
Beaucoup de CDD et d’intérim
Cette annonce ne doit toutefois pas être l’arbre qui cache la forêt. Les entreprises proposent majoritairement des emplois courts, CDD ou intérim. Pour preuve, les métiers où l’on recrute le plus de bras sont ceux de vendangeurs et de cueilleurs agricoles. La palme du secteur qui embauche le plus est attribuée à l'hôtellerie-restauration, avec essentiellement des postes de saisonniers, un statut qui concentre près de 36% des offres.
La main d'œuvre manque aussi cruellement dans le secteur de la petite enfance. Selon l'enquête, les auxiliaires de puériculture sont vivement recherchées.
« Un recrutement de 30 à 40 postes par mois au minimum »
Stéphane Proust est DRH dans l'entreprise Maison Bleue, qui regroupe 80 crèches privées en France. Il décrit un secteur « en pleine pénurie » et recherche principalement du personnel diplômé : « directrice de crèche, infirmière, éducatrice de jeunes enfants, pour envisager des recrutements à hauteur de 30 à 40 postes par mois au minimum pour la Maison Bleue. Il serait vain de dire qu’on est des petits jobs ou de ne pas les considérer ». Et les salaires s’échelonnent du « smic, pour les personnels peu qualifiés, jusqu’à des salaires très attractifs, largement au-delà du salaire moyen [ndlr 2410 euros brut] proposé en France ».
« Les agents Pôle Emploi font seulement face à l’urgence »
Mais cette enquête ne serait pas utilisée à sa juste valeur selon Michel Abhervé. Chercheur à l'université de Marne la Vallée et spécialiste des questions d'insertion et d'emploi, il a longuement travaillé sur la question. « Pour des raisons d’augmentation du nombre d’inscrits, on voit que les agents de Pôle Emploi sont seulement capables de faire face à l’urgence et ont beaucoup de mal à construire des parcours, avec les demandeurs, vers les secteurs qui en auraient le plus besoin » confie l’universitaire. La clé de cette crise de l’emploi pourrait bien résider dans les formations proposées par l’organisme : « la majorité des offres concernent des professions supposant la possession de diplômes, de formations longues » avant d’ajouter « ce n’est pas dans la compétence de Pôle Emploi, qui ne finance que des formations de courtes durées ».












