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Perpignan: le procès de la vengeance de Jean Bastouill s'ouvre aux assises

BFM J.C.
Le procès de Jean Bastouill, 89 ans, accusé d'avoir tué son gendre, s'ouvre ce lundi devant la cour d'assises de Perpignan.

Le procès de Jean Bastouill, 89 ans, accusé d'avoir tué son gendre, s'ouvre ce lundi devant la cour d'assises de Perpignan. - Google street view

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Jean Bastouill comparaît à partir de ce lundi devant la cour d'assises de Perpignan pour le meurtre de son gendre, un médecin anesthésiste en 2010. Le viticulteur de 89 ans a un mobile: il l'a toujours soupçonné d'être à l'origine de la mort de sa fille, deux ans plus tôt.

Comment juger un homme qui en a tué un autre, lui-même soupçonné d'être l'auteur d'un crime? C'est à cette question que la cour d'assises des Pyrénées-Orientales va devoir répondre à partir de ce lundi. Jean Bastouill comparaît à Perpignan pour le meurtre de son gendre, Jean-Charles Messmer, il y a quatre ans, à Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales.

Mais derrière cet assassinat qui ne fait aucun mystère, l'accusé ayant reconnu son crime, se cache en réalité un geste de vengeance. Jean Bastouill, un viticulteur reconnu dans la région et aujourd'hui âgé de 89 ans, est et reste persuadé que son beau-fils, un médecin anesthésiste, est à l'origine de la mort de sa fille deux ans plus tôt. 

Interpellé une heure après le meurtre

Le 20 juillet 2010, Jean-Charles Messmer, 63 ans, termine son petit-déjeuner sur la terrasse de son mas à Rivesaltes, petite commune d'à peine 8.000 habitants à proximité de Perpignan. Un homme, encagoulé et vêtu d'un treillis, pénètre sur les lieux et l'abat de trois balles, à la tête et au thorax, sous les yeux de sa compagne, qui reconnaît l'auteur du crime.

Il s'agit en réalité de Jean Bastouill, leur voisin, mais aussi et surtout l'ex-beau-père de Messmer. Revenu à son domicile, après avoir caché l'arme et ses vêtements dans un bosquet, il sera interpellé à peine une heure après les faits. S'il nie pendant sa garde à vue avoir tué son gendre, devant le juge d'instruction, au contraire, il avoue le meurtre du médecin. Mais surtout, il explique qu'il a "flingué le rapace, le monstre qui avait tué (s)a fille".

Des soupçons d'empoisonnement

Le 15 août 2008, Anne-Marie, la fille de Jean Bastouill, décède dans des circonstances suspectes. Selon les dires du docteur Messmer, médecin anesthésiste et chef de service du pôle de médecine légale à l'hôpital de Perpignan, mais aussi expert auprès de la cour d'appel de Montpellier, sa femme a succombé à une rupture d'anévrisme. Il avait indiqué avoir fait une perfusion à son épouse car elle se sentait fatiguée.

Une version qui ne convainc pas la famille d'Anne-Marie Messmer. D'autant que ses parents n'auront pas l'occasion de voir le corps de leur fille. Cette dernière sera également incinérée dans la plus grande précipitation. Un enchaînement des faits synonyme pour Jean Bastouill de la culpabilité de son gendre.

Or, cette version a été renforcée par plusieurs témoignages. Jean-Charles Messmer, peu de temps avant la mort de sa femme, se serait renseigné à l'hôpital sur un produit mortel, officiellement pour euthanasier son chien. "Or, on sait aujourd'hui qu'Anne-Marie voulait se séparer de lui, elle avait la volonté de lancer la procédure de divorce en septembre, quinze jours plus tard", expliquait, fin novembre, Me Etienne Nicolau, l'avocat de Jean Bastouill.

"Je ne pourrai jamais dire que je le regrette"

L'avocat de l'octogénaire va donc plaider la thèse de l'assassinat d'Anne-Marie Messmer pour tenter d'obtenir l'acquittement de son client. "Mais je ne pourrai jamais dire que je le regrette", assure Jean Bastouill, qui comparaît libre depuis sa libération sous contrôle judiciaire en 2011. "Lui ne sera pas là et ne pourra pas être jugé. Mais mon combat sera que l'on parle de la mort, de l'assassinat de ma fille".

Car si en 2013, le parquet de Perpignan, après l'ouverture d'une enquête sur les circonstances de la mort d'Anne-Marie Messmer, avait déclaré un non-lieu, le dossier a été associé à la procédure sur l'assassinat du médecin anesthésiste. L'affaire sera donc évoquée lors du procès Bastouill, dont le verdict sera rendu vendredi.