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Paris: l’appel de Rachida Dati et Pierre Liscia contre "le fléau du crack"

BFM Carole Blanchard
Le nord-est de Paris est particulièrement concerné par les problèmes liés à la consommation de crack.

Le nord-est de Paris est particulièrement concerné par les problèmes liés à la consommation de crack. - BFM Paris

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Les deux élus parisiens publient une tribune dans le JDD et interpellent le gouvernement sur le problème de la consommation de crack à Paris. Ils demandent "un effort budgétaire significatif" et des "centres de désintoxication fermés".

Le crack est l'un des fléaux du nord-est parisien. L'évacuation de la "colline du crack" en juin dernier, un lieu fréquenté par les toxicomanes, n'a pas mis fin aux problèmes sanitaires et d'insécurité autour du 18e arrondissement de Paris. 

Dans une tribune publiée dans le JDD, Rachida Dati et Pierre Liscia ils décrivent une "situation indigne de Paris". La maire du 7e arrondissement et l'élu du 18e estiment que "certains quartiers du nord-est de Paris sont abandonnés aux toxicomanes en errance et à leurs dealers".

Ils identifient comme points noirs la porte de la Chapelle (18e), les abords des gares du Nord et de l'Est (10e) et la place Stalingrad (19e) comme les lieux particulièrement touchés par "le fléau du crack" sur la voie publique, "dans les immeubles, dans les parkings souterrains, dans les jardins publics à proximité des écoles, dans les rames et les couloirs du métro".

Les toxicomanes "ni victimes ni délinquants"

Les deux élus qui expliquent avoir "pris le temps d'écouter à la fois les habitants et les toxicomanes" mettent dos à dos la "gauche aveuglée par l'idéologie" qui "considère les toxicomanes comme des victimes" et une partie de la droite "qui ne les voit que comme des délinquants".

"Nous appelons à une sérieuse prise de conscience: ni victimes ni délinquants, les consommateurs de crack qui sévissent dans le nord-est de Paris sont d'abord et avant tout des personnes malades, entraînées dans une dérive qui peut conduire à tout, y compris jusqu'à la mort", écrivent-ils. 

Des centres de désintoxication fermés

Ils mettent en cause le gouvernement, "particulièrement silencieux sur le sujet" et réclament un "effort budgétaire significatif". Pour les deux élus, "la seule réponse policière" n'est pas suffisante. Plutôt que des salles de shoot dont ils pointent les dérives, ils demandent la mise en place de parcours de soins et le placement des toxicomanes dans des "centres de désintoxication fermés".

"La justice doit pouvoir être en mesure de constater leur mise en danger et celle d'autrui et ainsi prononcer des peines d'injonction de soin", précisent-ils.

Rachida Dati et Pierre Liscia réclament une "mobilisation conjointe" de tous les acteurs publics, de la ville de Paris à la région jusqu'aux ministres de l'Intérieur, de la Santé et de la Justice.

La semaine dernière, Anne Hidalgo a annoncé le déblocage d'un million d'euros supplémentaire pour la prise en charge des toxicomanes dans le nord-est de la capitale. CLes deux élus organisent ce mercredi une réunion publique sur la toxicomanie dans le 18e arrondissement.