Paris : des caméras de vidéosurveillance pour verbaliser

1037 caméras de vidéosurveillance seront utilisées pour pouvoir verbaliser sur 13 axes parisiens. - -
Ne souriez plus, vous êtes filmés : à Paris, la vidéo-verbalisation débarque le 2 avril. Stationnement gênant, feux rouges grillés, ou véhicule garé sur un couloir de bus, ces caméras de vidéosurveillance traqueront les contrevenants sur 13 axes de la capitale, choisis parce que régulièrement engorgés à cause des stationnements gênants.
La préfecture s'appuiera sur les 1 037 caméras déjà existantes pour identifier et sanctionner les mauvais conducteurs : un agent assermenté constatera l'infraction grâce à la vidéo et photographiera le véhicule afin d'identifier l'immatriculation et la marque. Les informations seront ensuite transmises au Centre national de traitement de Rennes, qui dressera un procès-verbal du montant identique à celui d'une amende classique.
L'objectif affiché est double : fluidifier le trafic sur les boulevards et les avenues les plus encombrées, surtout aux heures de pointe (de 7 heures à 10 heures et de 17 heures à 20 heures) mais aussi, et surtout, améliorer la sécurité routière. Un bilan sera effectué dès cet été et une montée en puissance progressive envisagée, en fonction des résultats.
« La notion de dissuasion a été bien intégrée »
A Asnières-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine, le dispositif existe depuis un an. Trois zones (deux places du centre-ville et un carrefour) sont surveillées par deux agents assermentés qui visent deux mauvais comportements : le stationnement gênant et la conduite dangereuse des deux-roues (feux rouges et trottoirs, par exemple). En un an, selon la police municipale, plus de 1 300 contraventions ont été adressées grâce à ce système qui semble porter ses fruits puisqu'il va être étendu en avril à deux autres zones.
Mais le dispositif est avant tout dissuasif, assure Géraldine Descargues, de la police municipale d'Asnières : « Au départ, on avait deux tiers d’Asnierois verbalisés, aujourd’hui, ce sont deux tiers de non-Asnierois, voire hors département, ça prouve que la notion de dissuasion a été intégrée par les habitants du coin », remarque-t-elle.
« Je n’ai pas le choix, on n’a pas d’endroit où se garer »
L’idée, on s’en doute, ne fait pourtant pas l’unanimité chez les automobilistes. Devant la gare, sous l'œil de la caméra, Loïc estime que « c’est uniquement du racket ». « Je n’ai pas le choix, je suis commerçant ici, on n’a pas d’endroit où se garer », regrette-t-il. Et Claude, réparateur de machines à café, pense comme lui. Garé en double-file, cet asniérois ignorait même qu'il était filmé. « Je modifie mon addition, je majore mes factures du prix du PV, 35 euros. Ils payeront les PV que je risque, c’est tout », affirme-t-il, regrettant de ne pas avoir d’autre solution : « Plus ça va, plus on réduit les places de parking. Où est-ce que je vais me mettre, autrement ? Sinon il faut qu’ils me fournissent un porteur pour porter ma caisse à outil. Ils n’ont aussi qu’à faire respecter les stationnements livraison aux véhicules privés ».
Paris et régions : les zones concernées|||
A Paris : Les axes concernés à partir du 2 avril sont ceux particulièrement touchés par le non-respect des feux rouges, à l'instar des Champs-Élysées (7e arrondissement), l'avenue de l'Opéra (Premier), la rue de Rivoli (1er) et la place Saint-Augustin (8e arrondissement). Sont aussi concernés les axes fortement congestionnés à cause des véhicules garés sur les voies de bus et taxis tels que les Grands Boulevards (2e et 9e arrondissements), le boulevard Saint-Germain (5, 6 et 7e arrondissements), l'avenue du général Leclerc (14e arrondissement) et la rue de Vaugirard (6e et 15e arrondissements), ou encore ceux touchés par les problèmes de stationnement en double file, comme le boulevard de Sébastopol (3e et 4e arrondissements), l'avenue Jean-Jaurès (19e), la rue Marx Dormoy (18e arrondissement) et la rue de Rivoli (1er arrondissement). Enfin, les axes où les voies de bus sont utilisées de manière intempestive, à l'image du boulevard Barbès (18e) ou de l'avenue de Clichy (17e).
En Province : Ce système existe déjà à Nice, Marseille, Cannes, Aix-en-Provence et dans quatre villes franciliennes, Rueil, Asnières, Puteaux et Saint-Mandé.












