Parachutes dorés : les actionnaires disent non

Les actionnaires d'Air France ont refusé massivement (79%) de valider la prime de 400.000 euros versée à l'ancien directeur général du groupe, Pierre-Henri Gourgeon. - -
Jeudi, les actionnaires d'Air France ont refusé massivement (79%) de valider la prime de 400 000 euros versée à l'ancien directeur général du groupe, Pierre-Henri Gourgeon. Une prime de non-concurrence qui lui interdit de travailler pour un autre groupe aérien pendant 3 ans. Cette prime s'ajoute à une indemnité de départ de 1,125 million d'euros. L'Etat, qui possède 15.9% des parts d'Air France, a voté contre cette indemnité. Malgré ce vote Pierre Henri Gourgeon est libre de conserver cette indemnité. Et chez Safran, l’équipementier d’aéronautique et de défense, les actionnaires ont refusé à plus de 55% d’accorder un parachute doré et une retraite chapeau au PDG Jean-Paul Herteman.
« Le groupe va dans le mur et Gourgeon s’en va avec une prime »
Miriam est hôtesse à City Jet, filiale d'Air France. Elle craint de perdre son emploi dans les restructurations à venir et sera en grève aujourd'hui. Elle ne comprend pas cette prime : « Le groupe va dans le mur et Gourgeon s’en va avec une prime, c’est inacceptable. Et notre directrice nous dit qu’elle ne peut pas nous payer un plateau repas parce que c’est la crise. Mais M. Gourgeon lui, il peut partir avec 400 000 euros ».
« Mr Gourgeon n'a jamais rien fait réellement pour Air France »
Stéphane est technicien à la compagnie Régional (filiale d'Air France). Il est révolté à l’idée qu’une prime de 400 000 euros puisse être versée à Pierre-Henri Gourgeon. « On ne peut pas bloquer les salaires des employés qui produisent la richesse et en même temps donner une enveloppe de 400 000 euro à Mr Gourgeon qui a jamais rien fait réellement pour Air France. Un salarié quand il part, il ne perçoit jamais 400 000 euros. On nous demande de faire des efforts, et eux ils continuent à se gaver », a-t-il confié sur RMC.
« Nous avions appelé les porteurs de part à voter contre »
Patrice Laonet est coordinateur du syndicat CGT au sein du groupe Safran. Il était à l’assemblée générale mercredi. Le refus à 55% par les actionnaires d’accorder un parachute doré et une retraite chapeau au PDG est une excellente nouvelle pour les salariés : « C’est une bonne décision. Nous avions appelé les porteurs de part à voter contre ces deux résolutions. Maintenant, pour nous, la bataille quotidienne sur les salaires et sur l’embauche continue. On va interpeller la direction sur l’écart des salaires entre la plus basse rémunération et la plus haute ».












