Mory Ducros : "Les 7000 euros, on n'en veut pas"

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Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a reçu les représentants syndicaux de Mory Ducros, le transporteur en redressement judiciaire. Une réunion charnière à l'issue de laquelle le principal actionnaire de Mory Ducros, Arcole Industries, qui menaçait de renoncer à reprendre le transporteur de colis en raison de grèves sur certains sites, a finalement amélioré légèrement son offre mardi soir, sans pour autant convaincre les syndicats.
La réunion avait lieu dans un contexte tendu. Une quinzaine de sites de l'entreprise sont bloqués depuis lundi matin. Mardi, Arcole a menacé de retirer son offre de reprise si les salariés en grève ne reprenaient pas le travail.
Gilles, qui travaille à Lesquin, près de Lille, depuis 25 ans, n'a pourtant pas l'intention de lâcher : "C'est du chantage, nous restons déterminés. Il n'y a plus de confiance du tout. On s'est décarcassé toute notre vie, à passer plus de temps au travail qu'avec notre famille, maintenant on voudrait que les personnes licenciées partent dignement : au moins avec 1 000 euros par année d'ancienneté, en plus de la prime de 7 000 euros."
Arcole propose de sauver 2.150 emplois sur plus de 5.000. Et pour chaque salarié licencié, un chèque de 7.000€ en plus des indemnités légales. Insuffisant, pour les syndicats.
Au siège de Mory-Ducros, à Gonnesse, dans le Val-d'Oise, plus aucun camion n'entre ou ne sort. Les grévistes se relaient 24h/24. A 35 ans, Gaël a 15 ans d'ancienneté chez Mory-Ducros. "A partir du moment où on fait partie d'une entreprise, et pas six mois, on a le droit d'être en attente d'une contrepartie", estime-t-il. Pour lui, les salariés n'ont plus rien à perdre et sont "comme une bête sauvage" traquée et prête à se défendre "jusqu'au bout des ongles".
Jamel a 50 ans, il travaille depuis 20 ans chez Mory-Ducros. "On est virés, on est licenciés", rappelle-t-il. "Qu'est ce qu'on a à perdre maintenant? Les 7000 euros on n'en veut pas, on n'en a rien à foutre. C'est du foutage de gueule, on demande des conditions dignes pour pouvoir partir dignement". Et Jamel est déterminé :"On va continuer à la vie, à la mort, et on lâchera pas".












