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Montebourg poursuivi pour avoir mis en cause le FN après une agression

BFM S. C. avec AFP
Arnaud Montebourg lors de son université d'automne, le 5 octobre 2014 à Laudun-l'Ardoise (Sud).

Arnaud Montebourg lors de son université d'automne, le 5 octobre 2014 à Laudun-l'Ardoise (Sud). - Anne-Christine POUJOULAT - AFP

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En février 2012, Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar, sa compagne d'alors, avaient été agressés. L'ancien ministre avait estimé qu'il s'agissait de militants frontistes. Des propos qui lui valent aujourd'hui d'être poursuivis par le Front national.

Le Front national a poursuivi lundi en diffamation devant le tribunal correctionnel de Paris l'ancien ministre PS Arnaud Montebourg, qui avait mis en cause le parti après une agression dont il a été victime en février 2012 avec sa compagne de l'époque Audrey Pulvar.

Le couple, qui avait porté plainte, avait été pris à partie, en sortant d'un restaurant du XVIe arrondissement de Paris, par un groupe de personnes scandant des slogans favorables au FN et des injures antisémites. "A l'évidence, c'était des militants politiques du Front national puisqu'il criaient Bleu blanc rouge! La France aux Français! Le Pen président!", avait déclaré Arnaud Montebourg à l'AFP. "Ca témoigne d'un climat de libération d'une parole raciste et à connotation fascisante dans le parti de Mme (Marine) Le Pen", avait-il ajouté, propos qu'il conteste.

Le FN poursuit Montebourg et l'AFP

L'avocat du FN, Me David Dassa le Deist, a estimé que les propos d'Arnaud Montebourg ne reposent "sur aucune base factuelle" qui soit "certaine", "sérieuse", "suffisante", raillant ensuite la "manière très, trop tardive" avec laquelle l'ancien ministre conteste "courageusement" l'un des propos poursuivis.

"Quand Arnaud Montebourg dit quelque chose il assume et il en parle franchement", a rétorqué son avocat, Me Christian Charrière-Bournazel face à l'accusation de manque de courage portée par l'avocat du FN, "je ne vois pas pourquoi on ne devrait pas le croire"."Il n'est pas dit que le FN est à l'origine de cette manifestation de violence", a-t-il plaidé, "il n'y a pas matière à condamnation". 

Pour le procureur Aurore Chauvelot, il n'y a pas dans les propos poursuivis d'imputation diffamatoire qui puisse être condamnée. La phrase contestée par Arnaud Montebourg n'est "que l'expression d'un point de vue". Pour la défense de l'AFP, dont le PDG est poursuivi en tant que directeur de la publication, "ce n'est pas le FN qui est visé" par les propos litigieux, a plaidé Me Cosima Ouhioun, mais "des militants du FN, ce n'est pas la même chose". L'AFP n'a "fait que reproduire" les propos d'Arnaud Montebourg, qui n'ont "aucun caractère diffamatoire", a poursuivi Me Ouhioun, estimant que ce procès fait partie de la "communication politique actuelle du FN" visant à montrer que le parti prend ses distances avec les comportements violents. Jugement le 23 janvier.