Mariage homo : des maires demandent une clause de conscience

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Trois semaines avant la présentation en Conseil des ministres du texte ouvrant aux homosexuels le droit au mariage, des maires hostiles à la loi, issus principalement de la droite, s'organisent.
Le Collectif des maires pour l'enfance (essentiellement UMP) demande l'instauration d'une « clause de conscience qui permette aux maires de ne pas célébrer ces mariages ». Il a donc écrit aux 155 000 maires et adjoints pour leur demander s'ils sont pour ou contre le mariage homosexuel et s'ils sont demandeurs de cette clause de conscience.
De son côté, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est dit convaincu que les maires seraient « soucieux d'appliquer la loi », mais a toutefois admis que des maires décident de déléguer à leurs adjoints la célébration de ces mariages : « si ce n'est pas la personne elle-même, si c'est un adjoint, moi, je respecte », a-t-il dit.
« Il y a la loi, certes, mais il y a l’être humain »
Bruno Nestor Azerot, député maire de Sainte-Marie en Martinique, est plutôt favorable à l’idée de la cause de conscience. Elu du groupe démocrate et républicain pourtant classé à gauche, il estime que « c’est une très bonne chose de laisser la liberté aux maires de marier ou ne pas marier les couples homosexuels ». Quitte à avoir potentiellement des difficultés à unir deux hommes ou deux femmes quand l’occasion se présentera. « Au niveau de ma majorité municipale, il y a un élu qui serait prêt à le faire, les autres y sont totalement opposés, reconnaît-il. Moi, je prends le risque de sanctions. Il y a la loi, certes, mais il y a quand même l’être humain ».
« Il faut toujours respecter le suffrage universel »
Patrick Balkany, lui, juge en revanche que la question n’a pas à être opposée. « Si en tant que maire je n’applique pas les lois, même si je les trouve parfois contraires à l’intérêt public, il faudrait que je fasse un autre métier, il ne faut pas se faire élire, estime le maire UMP de Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine. Je n’obligerai pas mes adjoints à faire les mariages homosexuels. Mais moi, si on me demande expressément de les faire, je ne les refuserai pas. Il faut toujours respecter le suffrage universel, et je le respecte. »
Le projet de loi sera présenté en Conseil des ministres le 31 octobre.












