Mariage gay : l’Eglise est-elle en retard sur son temps ?

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Les prêtres des paroisses de France sont appelés ce mercredi à lire une prière en faveur du mariage traditionnel, et finalement contre le mariage homosexuel. Un passage fait notamment débat : « Pour les enfants et les jeunes... qu'ils cessent d'être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l'amour d'un père et d'une mère ». Cette prière doit être lue dans quasiment toutes les églises aujourd'hui, ainsi que devant 20 000 pélerins à Lourdes, haut lieu de pélerinage pour ce 15 août.
Pour justifier cette prière, l'archevêque de Lyon, Mgr Philippe Barbarin assure, de son côté, que « l'heure est grave » et que le mariage homosexuel constituera « une rupture de civilisation » s'il est autorisé. Cette prière a déjà été lue, mardi soir, lors d'une messe à Notre-Dame. Un texte que peu de catholiques contestent ouvertement. Lorsqu'à l'inverse les fidèles approuvent la démarche, il se disent choqués par l'utilisation du mot « mariage » pour l'union de deux personnes du même sexe.
« Pourquoi ça doit effrayer les catholiques » ?
Patrick Sanguinetti est le président de l'Association David et Jonathan, un mouvement homosexuel et chrétien. Il est favorable au mariage pour les couples du même sexe et considère l’Eglise en retard sur son temps : « En quoi est-ce que permettre ce mariage civil à deux personnes qui s’aiment est quelque chose qui doit effrayer les catholiques ? Quand on va à la messe le dimanche en couple, beaucoup de paroissiens qui nous connaissent ne sont pas effarouchés par le fait que nous voulons officialiser cet amour ».
« Il faut penser aux enfants »
Pour exprimer son rejet du mariage homosexuel, Chantal, une catholique pratiquante, met en avant l'exigence de protection des enfants : « Pour moi, ce n’est pas être vieux jeu de stabiliser la société en souhaitant le mariage entre un homme et une femme. Le mariage ne se fait pas entre deux hommes ou deux femmes. Ce n’est pas archaïque de penser comme ça. Il faut penser aux enfants avant de penser aux adultes. Pour les enfants, ça ne va pas ».












