Tabac : les buralistes manifestent à Bruxelles

Avec des paquets à un euro de moins dans les points-phones, beaucoup de clients délaissent les bureaux de tabac. Les buralistes demandent une meilleure lutte contre la fraude. - -
Ils sont partis tôt, ce mardi matin, pour se faire entendre à Bruxelles. Les buralistes français, mais aussi venus des quatre coins de l’Europe (Italiens, Espagnols, Allemands, Polonais et Autrichiens) ont rendez-vous à midi devant le parlement européen pour manifester contre la directive tabac ainsi que le manque d’harmonisation des prix du tabac et de lutte contre les trafics.
Parmi leurs principaux griefs, l’arrivée possible des paquets de cigarettes génériques (ou paquets neutres), voulue par l’union européenne, ainsi que la disparition des linéaires dans les bureaux de tabac.
En parallèle, les buralistes européens souhaitent diminuer les différences de prix entre les différents pays, l'interdiction en Europe des sites internet de vente de tabac, comme cela est déjà le cas en France, ainsi que la lutte contre la vente à la sauvette.
« On pensait partir à la retraite avec un petit pécule »
Serge Lavie était buraliste à Nîmes jusqu’en juin dernier. Il a dû fermer son Tabac et n’a pas pu le revendre à cause d’une baisse de chiffre d’affaire. En cause, selon lui, la concurrence sauvage des points-phones qui pignon sur rue dans le centre-ville. « Notre chiffre d’affaires a dû baisser en trois ou quatre ans d’au moins 40 ou 50%, donc on a été obligés de mettre la clef sous la porte. Le soir, quand j’étais devant mon commerce, je voyais passer tous les clients du quartier qui allaient allègrement se servir au point-phone. A 50 mètres de chez nous, il vend des cigarettes en toute liberté, sans punition. Enfin, ils ont eu deux fois une amende de 600 ou 700 euros, un truc symbolique. Mais eux ne sont toujours pas fermés ! A 67 ans, avec mon épouse, on a laissé notre commerce sans un centime. On pensait partir à la retraite avec un petit pécule, et on a, comme on dit, une main devant, une main derrière ».
« C’est largement moins cher au taxiphone »
Même reproche pour Alvarro Robello, gérant d’un bureau de tabac. « C’est un gros problème, on a deux taxiphones dans la rue, ça devient dramatique, on a une baisse entre 15 et 20%. De toute façon, on a des baisses régulièrement. Quand on voit que les Camel ne tournent pas pendant une quinzaine de jours, c’est qu’à côté, ils ont reçu de la Camel ». Mais les clients, eux, semblent y trouver leur compte, comme Sarah, 23 ans. « C’est largement moins cher. 5,20 euros au taxiphone, 6,20 euros au bureau de tabac. C’est la même qualité, s’ils en vendent en Espagne ou en Algérie, c’est qu’on peut les fumer en France. Quand on sort, on fait simplement attention à ne pas montrer le paquet ».
« La contrebande représente 25% du marché »
Buraliste à Nîmes et membre de la confédération syndicale des buralistes, Vincent Garcia a pris l’avion ce mardi pour Bruxelles. Son principal cheval de bataille, le projet de paquet de cigarettes générique « de la même couleur, même format, avec plus de photos choc, ces photos qui font peur aux gens et doivent les faire arrêter de fumer. Nous ne sommes pas contre, mais les paquets génériques, ça peut permettre aux trafiquants de fabriquer des contrefaçons encore plus facilement, et la contrebande et la vente illicite de tabac vont progresser. Elle représente actuellement à 25% du marché, c’est énorme. C’est la sauvegarde de notre profession qui est en jeu », estime le professionnel.











