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Les éleveurs en colère refusent de débloquer les accès à Caen 

BFM A.L.M. avec AFP
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Des dizaines d'agriculteurs bloquent ce lundi matin les accès au périphérique de Caen, dans le Calvados. Ils protestent contre des prix d'achat de leur production jugés insuffisants et réclament la venue de Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture.

Ils veulent bloquer la ville de Caen pour montrer leur mécontentement. Plusieurs dizaines d'éleveurs en colère ont commencé lundi matin à bloquer les quatre principaux accès au périphérique de Caen, en direction de Rennes, Paris, Cherbourg et Falaise, pour protester contre la faiblesse des prix de leurs productions. Et si le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a bien proposé de les recevoir jeudi à Paris, les manifestants n'ont pas levé les barrages, qu'ils entendent maintenir jusqu'à sa venue "sur le terrain".

"On reste sur notre position, on veut un ministre de terrain" qui réunisse tous les acteurs de la filière, producteurs, industriels des abattoirs et des laiteries et centrales d'achat des distributeurs, ont déclaré Jean-Yves Heurtin, président de la FDSEA du Calvados, et Samuel Bidert, responsable des Jeunes Agriculteurs (JA).

"Nous avons réuni 250 à 300 véhicules" sur le département du Calvados, a estimé ce lundi Sébastien Debieu sur BFMTV qui a annoncé: "ce matin, nous paralysons Caen". Le secrétaire général de la FDSEA du Calvados a précisé que 250 bennes avaient été vidées dans la nuit "dans des endroits stratégiques": distributeurs, industriels, transformateurs... dont les marges seraient trop importantes aux yeux des éleveurs.

"La tension commence à monter"

"Monsieur Le Foll semble ne pas se préoccuper de la situation, sauf depuis hier et avant-hier parce qu'il voit que la tension commence a monter dans les campagnes", a-t-il regretté. Le ministre de l'Agriculture a évoqué la semaine dernière entre 22.000 et 25.000 éleveurs au bord du dépôt de bilan.

"On est en train de bloquer le périphérique à quatre points différents pour faire venir le ministre de l'Agriculture chez nous, pour essayer de dénouer la situation des filières dé'élevage qui sont en grande souffrance économique", a expliqué sur BFMTV Philippe Marie, membre de la FDSEA du Calvados.

"Il y a une vraie crise et on n'est pas entendus", a estimé le vice-président de la FNSEA, Luc Smessaert, sur BFMTV, au lendemain d'une manifestation de plusieurs centaines d'éleveurs en colère près de Caen. "On a besoin d'actes, on a besoin de concret, depuis un mois on est dans l'attente et cela ne peut pas durer", a-t-il expliqué, évoquant une "vraie crise morale" qui vient s'ajouter à la crise économique chez les éleveurs.

Aucun véhicule ne passe

A l'embranchement de l'A84, en direction de Rennes, un photographe de l'AFP a constaté la mise en place du barrage par une vingtaine de tracteurs à 6h15. Le barrage n'est pas filtrant, aucun véhicule ne passe, a-t-il précisé. Un premier poids lourd, originaire de Bosnie, s'est ainsi retrouvé coincé dans la bretelle de sortie, avant que d'autres camions ne viennent rapidement constituer un bouchon derrière lui.

Les actions des agriculteurs du Calvados ont commencé dimanche après-midi avec des déversements de gravats et de déchets devant plusieurs cibles symboliques de la filière, comme des abattoirs et des grandes surfaces, ainsi qu'avec des opérations escargot sur les routes. Une agence du Crédit agricole à Bretteville-sur-Odon, dans la banlieue de Caen, a encore été prise pour cible pendant la nuit de dimanche à lundi.