Manifestation des gilets jaunes à Bourges: une équipe de BFMTV prise à partie

C'était en fin de matinée, aux alentours de 11 heures, dans le centre-ville de Bourges. "On couvre le début de la mobilisation, place Seraucourt, en dehors du périmètre interdit du centre-ville", explique notre reporter Patrick Sauce, présent samedi dernier pour couvrir les événements dans la préfecture du Cher. "J'ai déjà fait un premier duplex. J'explique qu'à l'instant T, les gens sont en train de se rassembler, qu'il n'y a pas encore de bilan à faire, mais que les gens sont en train d'arriver."
A ce moment là, l'ambiance est bonne. "Je discute avec des collègues, on se dit que l'ambiance va plutôt être bon enfant". A ce moment là, arrive un groupe d'une douzaine de personnes. "Pas dans l'insulte, mais très fermes et groupés". Ils font le tour des médias, et disent: "on vient de voir BFMTV dans le café juste en face, on cherche BFMTV, on ne veut pas qu'ils soient là". Ils demandent alors à voir les cartes de presse, et reconnaissent notre équipe. "Il faut partir", disent-ils.
"L'oeuvre d'une minorité"
Dans des vidéos diffusées en direct sur Facebook, la douzaine de personnes en question affichent le sentiment d'une prise de guerre, et demandent, non seulement de quitter la place, mais également de quitter la ville. "Je dis à mon équipe de garder le silence, parce que tout ce qu'on peut dire sera retenu contre nous, et je prends exemple sur ce qu'on fait en zone de guerre, avec des gens organisés pour faire la loi sur leur petit territoire", témoigne Patrick Sauce. "On se tait, on obtempère, et on cherche une solution... On marche, et je les amène vers la préfecture de police, où se trouvent des forces de l'ordre". L'escorte se termine à ce moment-là.
Pour la journée, "l'objectif reste quand même de couvrir la manifestation", assure notre reporter, qui continuera à assurer des duplex, mais sans tourner d'images. "Et j'ai pu dire que cela s'est passé dans une ambiance bonne enfant, parce que c'est le cas", précise-t-il. "Mais au milieu des 6.000 personnes, il y a ce qu'on peut appeler une petite milice, qui cherchait délibérément BFMTV". "Mais c'est vraiment l'oeuvre d'une minorité. J'ai aussi après parlé pendant 30 minutes avec un gilet jaune du Tarn des compteurs Linky, c'était intéressant, et ça s'est très bien passé", conclut-il.
d'autres violences contre les journalistes ce samedi
Ce même samedi, d'autres agressions ont eu lieu à l'encontre de journalistes. A Rouen, une équipe de LCI accompagnée d'agents de sécurité a été agressée, à Toulon, deux journalistes de l'AFP ont été menacés tandis qu'à Marseille, une journaliste vidéo de France 3 et deux photographes locaux ont été insultés et empêchés de travailler. A Pau, un journaliste pigiste a reçu un coup de pied. A Toulouse, une journaliste de La Dépêche du Midi a été menacée de viol.
Des violences condamnées par BFMTV.












