BFM

Les stéréotypes sexistes véhiculés dès la crèche

BFM A.L.
Dans les manuels scolaires de CP, les femmes sont cantonnées à des rôles traditionnels, souligne le HCE dans un rapport de 2017.

Dans les manuels scolaires de CP, les femmes sont cantonnées à des rôles traditionnels, souligne le HCE dans un rapport de 2017. - Damien Meyer - AFP

Téléchargez la nouvelle app BFM
Les filles sont émotives, discrètes, maternelles... De nombreux clichés sont encore rattachés au sexe féminin et certains d'entre eux sont inculqués dès le plus jeune âge.

C’est la journée internationale des filles ce jeudi, avec comme thème: "Encourager l’instruction et la qualification professionnelle des filles". Une journée pour rappeler que partout dans le monde, les femmes doivent faire face à des adversités qui entravent leur éducation. Et si l’un de ces écueils était le sexisme, et qu’en France il commençait dès la crèche ?

Les stéréotypes sexistes ont la dent dure et seraient inculqués avant même l’entrée en maternelle, avance Le Parisien. Ainsi, dès la crèche, on habitue plus les filles que les garçons "à discuter de leurs états émotionnels avec les adultes", soulignait en 2012 un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS).

Les garçons, rois de la cour de récré

Et ça continue à l’école primaire. Pendant la récré, "les filles utilisent les marges et les recoins de la cour pour jouer calmement", décrit la socioanthropologue Sophie Ruel. Dans une étude réalisée en 2015, elle constate que les filles s’approprient "un usage limité de l’espace" tandis que les garçons s’imposent au centre de la cour.

Par ailleurs, les filles se cantonnent à des jeux de rôles comme "la maîtresse d’école, le jeu du papa et de la maman, ou le jeu de la marchande". Les garçons, quant à eux, "s’adonnent la plupart du temps à des jeux actifs", comme des "épreuves de lancers, de courses, de sauts, d’adresse musculaire, de dextérité et de force".

Les femmes, la cuisine et le ménage

Selon un rapport du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) publié en 2017, les inégalités entre les filles et les garçons ne se creusent pas que dans la cour de récré. Les manuels scolaires aussi soulignent les différences entre les sexes.

Le HCE constate que "dans les manuels de lecture de CP, les femmes représentent 40% des personnages et 70% de ceux qui font la cuisine et le ménage, mais seulement 3% des personnages occupant un métier scientifique".

Par ailleurs, les enseignants favoriseraient les échanges en cours avec les garçons et auraient tendance à les encourager davantage que les filles, précise encore le rapport. "A même niveau, les commentaires des bulletins de notes apprécient le travail des filles quand les garçons ont des capacités inexploitées." Des inégalités de traitement qui affectent les enfants jusqu’au lycée et dans leur parcours professionnel.