Le lauréat de la médaille Fields tient à rester en France

Le mathématicien Cédric Villani (ici au palais de l'Elysée), lauréat de la médaille Fields 2010, a choisi de poursuivre sa carrière en France malgré les multiples propositions des plus grandes universités américaines. /Photo prise le 7 septembre 2010/REUT - -
LYON (Reuters) - Le mathématicien Cédric Villani, lauréat de la médaille Fields 2010, a choisi de poursuivre sa carrière en France malgré les multiples propositions des plus grandes universités américaines.
Directeur de l'Institut Henri Poincaré à Paris depuis juillet 2009, le récipiendaire de l'équivalent du prix Nobel de mathématiques interviendra pendant l'année universitaire auprès des doctorants de l'université Claude Bernard Lyon 1.
"Cette médaille ne va pas changer ma carrière. J'ai décliné toutes les offres pour rester en France parce que je m'y sens bien. Je vais privilégier une carrière nationale", a-t-il dit lundi lors d'une conférence de presse.
Il a justifié son refus des offres d'enseigner à Harvard, Stanford, Berkeley ou Princeton par la place éminente qu'occupent selon lui les mathématiques en France.
"Pour les maths, la France occupe le deuxième rang mondial après les Etats-Unis, nous n'avons donc rien à envier à personne", a-t-il déclaré.
"Et puis, il y a aussi la qualité de vie, la nourriture qu'on trouve en France", poursuit le mathématicien-chercheur de 36 ans en évoquant le craquant de la baguette française.
"Quand les Américains me demandent pourquoi je ne veux pas les rejoindre, je leur réponds que tant que leur pain ne sera pas de bonne qualité, je ne viendrai pas !", ajoute-t-il.
Le lauréat de la médaille Fields, qui ne veut pas suivre le mouvement de fuite des cerveaux français, se refuse à critiquer la politique du gouvernement envers les universités et la recherche. "On est en pleine réforme, en pleine mutation, il ne faut pas préjuger de ce qui va en sortir et je pense que l'autonomie des universités est une bonne chose".
Si sa prestigieuse récompense n'a pas changé le cours de sa carrière, elle lui a amené une popularité auprès du grand public qui n'est pas pour lui déplaire.
Arborant une allure qui pourrait le faire passer pour un disciple de Harry Potter, portant les cheveux longs coupés au carré, d'imposantes lavallières de soie, des capes et une grosse broche en forme d'araignée, Cédric Villani se fait maintenant arrêter dans la rue.
"Je reçois beaucoup de messages de félicitations, on me parle des maths en bien", dit-il.
Sollicité à de multiples reprises pour animer des conférences dans les lycées ou en entreprise, il a promis de répondre à certaines d'entre elles: "Démocratiser les mathématiques fait partie de mon devoir."
Catherine Lagrange, édité par Gérard Bon












