BFM

Le "dentiste de l’horreur" pourrait être extradé en France

BFM Aude Deraedt
La justice néerlandaise autorise une éventuelle extradition du "dentiste de l'horreur" vers la France (photo d'illustration).

La justice néerlandaise autorise une éventuelle extradition du "dentiste de l'horreur" vers la France (photo d'illustration). - Philippe Huguen - AFP

Téléchargez la nouvelle app BFM
La justice néerlandaise a décidé vendredi d'autoriser l'extradition vers la France du dentiste Mark Van Nierop, soupçonné d'avoir mutilé de nombreux patients, en France comme aux Pays-Bas. Retour sur son parcours, et celui de ses victimes.

Mâchoires disloquées, gencives charcutées, dents broyées. La description a tout d’un film d’horreur, et pourtant, cela n'a rien d'une fiction. Le dentiste Mark Van Nierop est un médecin peu ordinaire. Dans son cabinet, le mot “victime” a remplacé celui de “patient”. Placé dans une institution psychiatrique aux Pays-Bas en 2013, ce boucher pourrait désormais être extradé en France.

Château-Chinon, automne 2008. Dans ce village de la Nièvre, les habitants n’ont pas vu un seul dentiste depuis deux ans. En cause? La désertification médicale. Peu avant l'hiver, en novembre, un nouveau cabinet ouvre ses portes. Flambant neuf. Sur la plaque dorée à côté de la porte, un nom apparaît: celui de Mark Van Nierop, un Néerlandais aujourd’hui âgé de 50 ans.

124 plaintes déposées

Soulagés, les habitants de Château-Chinon y accourent. Systématiquement, la visite commence par une piqûre. Une anesthésie si forte que les patients se sentent assommés. Viennent ensuite les soins. Ou plutôt, le charcutage. “Elle revenait parce qu'elle avait encore mal”, explique le père de Mélodie, 20 ans, dans L'Obs. "Il expliquait que c'était la faute de la dent d'à côté. Cela a duré des mois. Il lui a percé 17 dents". Mais Mélodie est loin d’être la seule à se retrouver la mâchoire en pièces.

En France, 124 patients portent plainte et se constituent en collectif. Sur les 2.800 qu'il a reçus dans son cabinet, certains ont souffert de troubles allant d'un début de septicémie à l'infarctus. Arnaques à la Sécurité sociale, factures d’implants au noir… Mark Van Nierop n’était pas avare lorsqu’il était question d’escroquer ses patients.

Pour le collectif, l'annonce du feu vert néerlandais à son extradition vers la France est "une excellente nouvelle" par le collectif. "C'était mon désir le plus vif", a ajouté Nicole Martin. "Il a spolié la France, la Sécurité sociale, il a abusé de nous", a-t-elle ajouté. "On était pour lui des cartes bancaires et des cartes Vitale sur son siège".

En fuite au Canada

Avant de s’installer à Château-Chinon, le dentiste, déjà recherché par la police aux Pays-Bas, se retire du registre des dentistes néerlandais afin de se racheter une conduite. La ruse fonctionne. Les poursuites sont arrêtées. Il ouvre alors ce nouveau cabinet, en France. Mais l’histoire se répète. En 2012, l'Ordre régional des médecins le radie. Il fait appel, avant d'être mis en examen. Le procureur de Bourges, en charge de l'enquête, a entamé une procédure d'extradition.

Celui qu’on surnomme désormais “le dentiste de l’horreur” prend la fuite au Canada, en pleine procédure judiciaire pour "violences volontaires ayant entraîné une mutilation permanente", "escroquerie", "faux et usage de faux". Il est retrouvé le 4 septembre 2014 dans son appartement, ensanglanté, après une tentative de suicide. Lors de son interpellation, il avoue le meurtre de sa femme, aux Pays-Bas, en 2006. La police canadienne le renvoie alors aux Pays-Bas, dans un centre psychiatrique. Il refuse toujours son extradition vers la France.