La gestion des HLM montrée du doigt

- - -
L’Union nationale de la propriété immobilière (UNPI) s’attaque aux HLM. L'UNPI, qui regroupe près de 250 000 adhérents, a déposé plainte le 5 mai dernier auprès de la direction générale de la concurrence à Bruxelles pour concurrence déloyale. L’association de propriétaires dénonce la mauvaise gestion des organismes HLM qui gèrent le parc de logements publics. Si la plainte est jugée recevable par Bruxelles, certaines aides octroyées aux organismes HLM (telles que des exonérations fiscales) pourraient être déclarées illégales.
L'UNPI dénonce des abus en tout genre: HLM sous-occupés (locataire seul dans un 5 pièces par exemple), locataires aux revenus pas vraiment modestes... Selon l'organisme, 380 000 logements HLM sont aujourd'hui occupés par des foyers gagnant plus de 4 000 euros par mois. Des familles qui auraient les moyens de se loger dans le parc privé, surtout quand on sait qu'un million de personnes gonflent la liste d'attente des HLM, selon les chiffres avancés par l’UNPI.
Bataille de chiffres entre l'UNPI et les organismes HLM
« On s'aperçoit qu'il y a plus de Français aux revenus élevés qui sont dans le parc public que de Français aux revenus très faibles, assure Jean Perrin, le président de l'UNPI. En région parisienne, 30 000 logements sont même occupés par des personnes ayant des revenus de plus de 10 000 euros par mois ». Des chiffres gonflés selon Laurent Ghékiere, qui représente l'Union Sociale pour l'Habitat, (l'organisme qui centralise tous les offices HLM) auprès de la commission européenne. « Les chiffres de l'UNPI sont une manipulation statistique. Il y a en France à peu près 10 000 ménages qui occupent des HLM et qui ont des revenus deux fois supérieurs au plafond. Mais ce ne sont que 10 000 sur 4,5 millions de locataires du parc public. Ces 10 000 vont se voir appliquer la loi Boutin qui entre en application en 2014, et vont voir leurs baux remis en cause. Ils devront quitter leur appartement pour rejoindre le parc privé ».
« Ils savent que je suis seule et ne me diront pas de partir »
Difficile pourtant de "chasser" de leur logement des locataires, qui n’ont souvent pas le sentiment d’être privilégiés. RMC a rencontré Michelle, une retraitée de 83 ans qui occupe seule un HLM 4 pièces de 70m2 dans la banlieue ouest de Paris. Elle y vit depuis 54 ans, et y a vu grandir ses 5 enfants. « J'ai des habitudes. J'ai élevé mes enfants ici. Aux HLM (sic), ils savent bien que je suis toute seule, ils ne viendront pas me dire que je dois partir. Et je me suis renseignée pour les prix dans le privé, ce n'est pas intéressant d'avoir plus petit ». Selon Michelle, ce sont les autres qui abusent : « J'en vois des gens qui sont ici, qui ont trois voitures. Ce sont des gens qui ont les moyens. Pour moi, ils n'ont pas le droit d’avoir un HLM ».












