La corrida est jugée constitutionnelle par les sages

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Organiser des corridas dans certaines régions françaises est conforme à la constitution, a jugé vendredi 21 septembre le Conseil constitutionnel, rejetant le recours d'associations qui militent contre la tauromachie.
Les juges du Palais Royal ont notamment établi qu'il n'est pas anticonstitutionnel de prévoir des "différences de traitement" entre les régions à tradition tauromachique et les autres. Les anti-corrida voulaient que les sanctions infligées pour cruauté envers les animaux s'appliquent partout, sans dérogations.
Une plainte déposée par l'association Droits des animaux
L'association Droits des animaux (DDA) et le comité radicalement anticorrida (Crac) Europe avait porté plainte devant le tribunal administratif pour demander le retrait de la corrida du patrimoine immatériel de la France, ce qui a conduit à l'examen par les Sages d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur la tauromachie.
Leur objectif : que les Sages proclament l'anticonstitutionnalité de certaines des dispositions de l'article 521-1 du Code pénal, qui réprime les actes de cruauté commis contre les animaux.
Le pluralisme culturel invoqué par les défenseurs
Les anticorrida réclament plus précisément la suppression de l'alinéa 7 de cet article, qui prévoit des dérogations à cette règle, autorisant la tauromachie sous couvert "du principe de tradition locale ininterrompue". Ils veulent démontrer "le principe d'égalité devant la loi et l'objectif de clarté que doit revêtir cette loi". "En cas de rupture d'égalité et manque de clarté, la loi devrait, selon eux, être déclarée anticonstitutionnelle".
De leur côté, les défenseurs des villes taurines arguent que la corrida, qui se solde en général par la mort de l'animal, "revêt un intérêt général, un pluralisme culturel, social et régional" et qu'il s'agit d'"une tradition locale ininterrompue". Ils estiment en outre que "l'animal ne bénéficie pas d'un droit absolu" et "peut être chassé ou élevé pour la consommation".
Selon un sondage Ifop paru jeudi, les Français sont partagés sur le sujet, 48% étant favorables à l'interdiction de la corrida, contre 42% qui souhaitent qu'elle continue d'être autorisée.












