La consommation de viande de cheval en hausse en France

La consommation de viande de cheval a augmenté de 10 à 15% en France depuis le début du scandale des plats surgelés, grâce à la couverture médiatique dont a bénéficié ce produit, a déclaré à Reuters Eric Vigoureux, le président de la Fédération des bouche - -
Cela peut paraître paradoxal, mais la consommation de viande de cheval a augmenté en France depuis le début du scandale des plats surgelés. Pour le président du groupement des bouchers chevalins France, l'explication est toute trouvée : grâce à l'affaire, la viande de cheval a bénéficié d'une importante et inattendue couverture médiatique. Les ventes ont grimpé jusqu'à 15% dans les boucheries chevalines, dont le nombre s'est effondré ces dernières années, ajoute Eric Vigoureux, président de la Fédération des bouchers-chevalins, Interbev Equins. « Il y a un regain d'activité (...) Du fait du scandale, dans les bureaux, dans les lieux de travail, tout le monde en parle et donc ceux qui en consomment déculpabilisent », a expliqué ce boucher installé près de Bordeaux.
Le goût des Français pour la viande de cheval remonte au 18e siècle, quand les révolutionnaires réquisitionnaient les chevaux de l'aristocratie pour manger à leur faim. Aujourd'hui, l'équidé ne représente plus que 0,3% de la consommation de viande en France, l'attrait pour ce produit ayant fortement chuté depuis le début des années 1980, passant de 85 000 tonnes par an à moins de 20 000 consommées en 2012, selon l'organisme public FranceAgrimer. Actuellement, 60% environ de la viande de cheval consommée en France est importée, selon les chiffres de FranceAgrimer.
« Il y a une curiosité des gens »
Mais le scandale européen de la viande de cheval, étiquetée comme de la viande de boeuf dans des plats préparés surgelés, a fourni une publicité surprise aux quelque 700 bouchers-chevalins encore en activité en France. « J'ai eu de nombreuses retombées d'autres bouchers sur le fait qu'il y a eu beaucoup de clients dans les boucheries chevalines cette semaine », ajoute-t-il, précisant que la hausse des ventes était comprise entre 10 et 15%. Il souligne que le Nord concentre historiquement le plus grand nombre d'amateurs de viande de cheval.« C'est l'endroit où il y a le plus de boucheries chevalines, ils ont toujours mangé du cheval, c'est parce qu'on s'en servait beaucoup pour chercher le charbon dans les mines », explique Eric Vigoureux.
A Paris, dans le Marais, le Taxi jaune est l'un des rares restaurant de la capitale à servir encore des plats à base de cheval, comme des saucisses ou des abats. Son chef, Otis, a également vu grandir l'appétit des consommateurs ces derniers jours. Mais il n'est pas dupe sur la pérennité du phénomène. « Il y a une curiosité des gens (...) par rapport à ce côté médiatique. Mais on se rappelle dans trois mois et on en reparle », propose-t-il.












