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L'oeuvre de Le Corbusier va-t-elle être radiée de l'UNESCO?

BFM Hugo Septier
La cité radieuse de Marseille - Image d'illustration

La cité radieuse de Marseille - Image d'illustration - BORIS HORVAT / AFP

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17 bâtiments de l'architecte sont menacés de déclassement par l'UNESCO en raison d'un projet de la ville de Marseille.

Lorsqu'il a pour projet à la moitié du XXe siècle de bâtir la Cité radieuse de Marseille, et de manière plus générale ses unités d'habitation, encore visibles dans certaines communes de France dont Briey en Meurthe-et-Moselle, l'architecte Le Corbusier est sur le point de révolutionner le mode d'habitation. 

Il faut dire que l'idée est novatrice. Cet immeuble situé boulevard Michelet, "la Maison du fada" comme elle est également appelée à Marseille, devait représenter une sorte de village à la verticale. Si l'édifice reprend tous les codes architecturaux du Corbusier, dont l'utilisation du béton armé, de grandes baies vitrées horizontales et des pilotis en guise de fondations, elle contient également plusieurs magasins, littéralement intégrés à l'immeuble, ainsi que des lieux de vie commune.

Seul problème, ce riche héritage, inscrit en 2016 au patrimoine mondial de l'UNESCO, est aujourd'hui en danger de déclassement. La faute à un PLUi, plan local d'urbanisme intercommunal voulu par la métropole marseillaise, qui prévoit la construction de nouveaux bâtiments aux alentours, dont trois tourelles qui encombreraient la vue du bâtiment souligne La Provence. C'est d'ailleurs cette vue, imprenable, qui était l'un des arguments du classement à l'UNESCO. 

Marseille doit "prendre conscience"

Et les conséquences pourrait être dramatiques. Car en 2016, ce n'est pas uniquement le bâtiment marseillais qui avait été classé, mais l'ensemble de l'oeuvre de l'architecte, au niveau mondial, soit 17 édifices dont certains au Japon et en Inde. Et le potentiel déclassement phocéen pourrait, par effet domino, déclasser l'ensemble des bâtiments. 

Ainsi, pour tenter d'éviter que le projet se concrétise, Brigitte Bouvier, présidente de la fondation Le Corbusier, devrait se fendre d'un courrier au commissaire-enquêteur du PLUi, a qui incombe la décision finale, précise le quotidien régional. 

"Il ne s'agit pas d'entrer dans un processus d'hostilité mais de tirer des signaux d'alerte pour que la Ville de Marseille prenne conscience des enjeux", explique-t-elle. 

D'autres sites impactés

A Firminy dans la Loire, ou une autre unité d'habitation du même type a été bâtie en 1965, l'inquiétude est de mise. Bénédicte Gandini, architecte à la fondation Le Corbusier interrogée par France Bleu, appelle Marseille à revoir sa copie. 

"Il faut que chaque site soit cohérent avec les autres. C'est sûr qu'une inscription au patrimoine donne envie de faire des projet de valorisation mais il ne faut pas oublier le contexte et la solidarité entre les sites", souligne-t-elle. 

La décision finale devrait être connue dans les jours à venir.