L'écrivain espagnol Jorge Semprun s'éteint à 87 ans

Jorge Semprun, en avril 1995, au camp de Buchenwald où il fut interné et y survécut jusqu'à sa libération par les troupes américaines. L'écrivain et homme politique espagnol est décédé à Paris à l'âge de 87 ans. /Photo d'archives/REUTERS - -
PARIS (Reuters) - L'écrivain et homme politique espagnol Jorge Semprun est décédé à Paris à l'âge de 87 ans.
Né en 1923 à Madrid, Jorge Semprun avait quitté l'Espagne en 1936, sa famille s'exilant au début de la guerre civile.
Couronné en France pour son oeuvre écrite en grande partie en français, il avait reçu le prix Femina en 1969 pour "La deuxième mort de Ramon Mercader" et rejoint l'Académie Goncourt en 1996. Semprun a aussi travaillé pour le cinéma, écrivant le scénario de films d'Alain Resnais, Joseph Losey ou Costa-Gavras.
L'Elysée lui a rendu hommage mercredi voyant en lui une "figure tutélaire parmi les écrivains engagés du XXe siècle".
"Jorge Semprun avait choisi le français pour patrie, à l'exemple de Casanova, de Beckett ou de Cioran. Français d'adoption pour qui la Place du Panthéon était le centre de l'univers, figure familière de Saint-Germain-des-Prés, il était l'un des derniers grands acteurs d'une époque tragique", écrit la présidence de la République dans un communiqué.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Jorge Semprun s'était engagé dans la résistance française et avait adhéré au Parti communiste espagnol. Arrêté par les Allemands, il fut envoyé au camp de Buchenwald où il survécut jusqu'à sa libération par les troupes américaines.
Après la guerre, Jorge Semprun milite contre le régime de Franco, en tant que militant communiste, mais il est exclu du parti dans les années 60.
S'il se consacre par la suite en grande partie à l'écriture, il ne renonce pas pour autant à la politique et accepte d'être ministre de la Culture de 1988 à 1991, dans le cabinet du président du gouvernement socialiste Felipe Gonzalez.
Dans les années 60 et 70, Semprun a écrit pour Costa-Gavras les scénarios de "Z", "L'Aveu" et "Section spéciale".
"Je garde le souvenir d'un homme d'une grande humanité, d'un grand talent d'écrivain, et d'une connaissance de la politique parfaite. Il était d'une grande simplicité", a dit le réalisateur d'origine grecque, sur i
Eric Faye et Clément Guillou, édité par Gilles Trequesser












