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"Honte à vous!": Véran interpellé par un habitant à son arrivée à Crépol, une semaine après la mort de Thomas

BFM François Blanchard
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Le porte-parole du gouvernement a été interpellé ce lundi à Crépol, dans la Drôme, par un homme qui l'a accusé de "défendre la France des quartiers" contre "la France rurale".

Le déplacement d'Olivier Véran ce lundi à Crépol, dans la Drôme, où le jeune Thomas a perdu la vie dans la nuit du 18 au 19 novembre, a été momentanément perturbé par un homme qui a pris à partie le porte-parole du gouvernement, ce lundi 27 novembre.

"Honte à vous", a crié cet habitant, alors qu'Olivier Véran descendait de son véhicule et allait saluer des élus locaux, dont la maire de Crépol, Martine Lagut.

"Vous n'avez pas honte?", s'est-il encore exclamé à plusieurs reprises, avant d'accuser le ministre de "défendre la France des quartiers depuis des années".

"On n'en peut plus"

Interrogé par la presse quelques instants après cette scène, cet habitant vêtu d'un gilet fluo s'en est pris à "tous ces gouvernements qui défendent depuis toujours la France des cités contre la France de Thomas, la France rurale, la France des gens qui élèvent leurs gosses comme il faut, qui ne les élèvent pas dans la haine de la France et des Français".

"J'ai des petits enfants. Je ne veux pas qu'ils finissent comme ça (...) On fait partie de ce territoire, on en peut plus", a-t-il poursuivi.

La séquence a fait réagir l'ancien candidat à la présidentielle Éric Zemmour. Le président du parti d'extrême droite Reconquête a salué sur X (ex-Twitter) l'"admirable lucidité" de cet habitant et "du peuple français".

"Merci monsieur. Merci pour votre juste réaction à la visite du petit ministre en charge des coups de communication", a réagi sur le même réseau social Laure Lavalette, porte-parole du groupe Rassemblement national à l'Assemblée nationale.

Véran pointe un risque de "basculement"

À Crépol, Olivier Véran a mis en garde contre le "risque d'un basculement" de la société. Ce qui a coûté la vie au jeune Thomas, 16 ans, n'est pas "une simple rixe en marge d'un bal de village", a-t-il estimé.

Après la mort de Thomas, plusieurs défilés ont été lancés à l'appel de l'ultradroite, dont un à Romans-sur-Isère, près de Crépol, samedi soir. Il a donné lieu à une vingtaine d'interpellations et à 17 gardes à vue après des heurts avec les forces de l'ordre.

"C'est à la justice de rendre justice, et pas aux Français eux-mêmes et entre eux", a martelé Olivier Véran.