Hérault: 50 ans après, un village fantôme voit revenir des habitants

Ses habitants ont quitté les lieux il y a cinquante ans. Dans l'Hérault, le petit village de Celles, vidé de ses habitants en septembre 1969 pour la mise en eau d'un barrage, va enfin voir revenir des habitants. Les premiers baux de logement sont signés ce vendredi.
Expropriation inutile
Dans les années 1950, les autorités décident de la construction d'un barrage dans la basse-vallée de l'Hérault pour irriguer les terres agricoles de la région. Les habitants de Celles, situé à 143 mètres, sont sommés de quitter les lieux.
Mais alors que le lac artificiel du Salagou doit atteindre les 150 mètres, Celles, racheté par le département, reste contre toute attente non immergé. Expropriés et évacués inutilement, ses quelque 80 habitants voient avec déchirement le village médiéval de pierre volcanique abandonné, squatté, puis transformé en ruines.
Grâce aux efforts de son maire Henri Goudal et de sa fille Joëlle qui lui a succédé, le village va retrouver des habitants.
"On n'a jamais lâché. Mon père y a consacré sa vie, et moi aussi", explique cette dernière à l'Agence France-Presse (AFP).
Ecologie et mixité sociale
Maire de Celles de 1971 à 1995, Henri Goudal, décédé depuis, se bat en 1990 pour obtenir le statut de la commune et remporte in extremis une victoire décisive devant le Conseil d'Etat. Lorsque Joël Goudal succède à son père à la mairie, Celles qui a une vingtaine d'électeurs, n'a en état que l'église, la mairie et la place du village.
Au fil des ans, et avec des appels quotidiens aux sous-préfets et fonctionnaires départementaux, elle finit par obtenir l'entretien de la route d'accès au village ainsi que des financements pour mettre en route le projet de réhabilitation. Ce dernier est rendu possible lorsque le département cède, en 2010, la propriété totale de Celles à la commune.

Pour faire revenir la vie le village, la maire a défendu un projet de réhabilitation reposant sur quatre fondamentaux: la non-spéculation foncière, la création d'une activité économique non liée au tourisme, associée au logement, la mixité sociale et le choix de modes de construction écologiques dans le respect du site classé.
Ce vendredi, 50 ans après le traumatisme de l'évacuation, Celles accueille trois familles qui veulent emménager. "L'aboutissement d'une lutte menée sur deux générations", confie, fièrement, Joëlle Goudal.












