Grève des postiers dans les Hauts-de-Seine: "on a 30% de courrier en moins depuis deux mois"
A Boulogne-Billancourt, comme dans une dizaine de communes des Hauts-de-Seine, les facteurs se font rares. Depuis le 26 mars dernier, 150 facteurs sont en grève. Ils dénoncent des suppressions d'emploi et le licenciement d'un agent syndiqué de La Poste. Le résultat se fait directement sentir dans les boîtes aux lettres qui restent vides. Cette situation exaspère les habitants qui doivent faire face aux conséquences d'un courrier non distribué ou distribué en retard.
"Ca me met très en colère, explique une habitante de Boulogne-Billancourt. Je suis comédienne et je suis payée par une multitude d'employeurs qui m'envoient des chèques uniquement par courrier, pas par virement. J'ai un gros trou dans mon compte en permanence, à attendre des chèques qui n'arrivent pas."
"La déclaration d'impôts, je l'ai pas reçue pour la signer et la renvoyer, c'est embêtant. Je n'aimerais pas avoir une amende pour ne pas avoir envoyé ça. C'est la première fois que ça se produit", souligne une autre habitante.
"On a 30% du courrier en moins"
Outre les chèques qui n'arrivent pas ou les déclarations d'impôts en retard, des convocations du bac n'ont pas non plus été délivrées. Après avoir sollicité la Poste à plusieurs reprises, le maire de Boulogne envisage désormais une action en justice.
"Tout le monde est pris en otage, surtout on n'a aucune information. On a 30% du courrier en moins depuis deux mois. Donc on veut le rétablissement du service et à défaut, on envisage de se porter en justice pour obtenir réparation de tous ces dégâts causés", prévient Pierre-Christophe Baguet, maire LR de Boulogne-Billancourt.
La Poste de son côté tente de rassurer. Elle affirme dans un communiqué que seulement 10% des facteurs sont en grève. Les grévistes eux ont l'intention de poursuivre leur mouvement.
"La Poste, c'est ça qui est d'autant plus scandaleux ne procède à aucune négociation. Nous demandons la titularisation des intérimaires, l'arrêt des réorganisations et que la répression anti-syndicale ne soit plus l'usage à la Poste des Hauts-de-Seine", résume Gaël Quirantes, secrétaire départemental syndicat Sud-Poste 92.
Pour le moment aucun accord n'a été trouvé. Une nouvelle réunion entre la direction et les salariés doit se tenir mardi.












