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Gilets jaunes: à quoi s'attendre pour le 19e samedi de mobilisation?

BFM Clément Boutin avec AFP
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Le gouvernement promet plus de fermeté pour la 19e mobilisation des gilets jaunes. Des manifestations ont notamment été interdites, mais sur les réseaux sociaux, de nombreux rendez-vous sont maintenus pour ce samedi.

Après une dernière mobilisation marquée par un fort regain de violences et de casse, la 19e journée de manifestations des gilets jaunes prend une valeur de test pour l'exécutif, qui a annoncé de nombreuses mesures pour contenir d'éventuels débordements.

Malgré des interdictions de manifestations dans des lieux sensibles, plusieurs événements Facebook appellent à se rassembler dans certaines villes françaises. En cas de participation à une manifestation interdite, les contraventions encourues sont passées de 38 à 135 euros.

  • Un sit-in au Trocadéro

De nombreuses pages Facebook, comme "Actes 19 vous êtes prêt(e)s?", "Acte 19 on retourne à Paris" et "Acte 19 on lâchera pas, tous à Paris" appellent par exemple à se réunir dans la capitale. Le Trocadéro semble avoir été choisi comme lieu de rassemblement pour deux groupes. L'un d'entre eux annonce notamment un sit-in à cet endroit. 

Un groupe annonce avoir déclaré une manifestation partant de Denfert-Rochereau (XIVe arrondissement) jusqu'au Sacré Coeur (XVIIIe). D'autres ne précisent pas de lieux spécifiques, appelant juste à se réunir à Paris. Malgré des rendez-vous pris dans des lieux précis, les manifestations de gilets jaunes débordent régulièrement des cadres annoncés, il est donc difficile d'assurer avec certitude où ils se réuniront, ou pas.

L'avenue des Champs-Elysées qui avait été saccagée lors du 18e samedi du mouvement des gilets jaunes sera interdite de manifestation comme ses abords, dans un "périmètre comprenant la présidence de la République et l’Assemblée Nationale", a déclaré la Préfecture de police de Paris dans un communiqué

  • Plusieurs interdictions de manifester en France

Dans le reste de la France, des arrêtés préfectoraux ont été pris afin d'interdire les manifestation de ce samedi. A Nice, le préfet des Alpes-Maritimes a interdit les manifestations dans un large périmètre de l'agglomération alors qu'une visite du président chinois Xi Jinping et d'Emmanuel Macron est prévue dimanche et lundi. L'interdiction de manifester, justifiée par "le risque manifeste de trouble à l'ordre public", s'étend sur une grande partie de l'agglomération niçoise, dont la Promenade des Anglais et l'aéroport, plus ou moins étendue en fonction des jours entre samedi 04h00 et lundi 12h00, selon un arrêté publié vendredi.

Toulouse et Bordeaux, qui depuis 18 semaines rassemblent parfois davantage de manifestants que la capitale et sont également le théâtre de violences, ont pris des arrêtés semblables. A Toulouse, les manifestations ou rassemblements seront par exemple interdits sur la place du Capitole.

De nouveaux rassemblements sont annoncés partout en France pour la 19e journée de mobilisation nationale des gilets jaunes
De nouveaux rassemblements sont annoncés partout en France pour la 19e journée de mobilisation nationale des gilets jaunes © BFMTV

Des rassemblements plus nombreux

Des événements sont donc prévus en dehors des zones concernées, comme au Miroir d'eau à Bordeaux, aux allées Jean-Jaurès à Toulouse et à la place de la République à Metz. D'autres mobilisations sont également annoncées à Montpellier, à Strasbourg, à Lyon, à La Rochelle et même à Guéret, où une "action d'ampleur" serait prévue selon le quotidien La Montagne.

Globalement, les points de rassemblements en province sont plus nombreux que la semaine dernière. Des rendez-vous sont donnés à Lille, Saint-Brieuc, Metz, Montpellier ou encore Tourcoing, où deux leaders du mouvement, Fly Rider et Priscillia Ludosky, sont attendus. D'après une carte du site gilets-jaunes recensant les événements pour ce samedi en France, plus d'une centaine de rendez-vous sont donnés.

Carte des rassemblements en province pour samedi 23 mars, selon le site gilets-jaunes.com.
Carte des rassemblements en province pour samedi 23 mars, selon le site gilets-jaunes.com. © Gilets-jaunes.com
  • Une nouvelle doctrine

Face aux débordements de la dernière mobilisation à Paris, l'exécutif a décidé d'afficher un visage plus ferme. "La violence est montée d'un cran, notre réponse doit être la fermeté", a annoncé Christophe Castaner, jeudi, lors de l'installation du nouveau préfet de police de Paris Didier Lallement.

Le ministre de l'Intérieur a affirmé avoir "fait évoluer en profondeur" la doctrine de maintien de l'ordre: "Nous avons défini une stratégie de mobilité, de contact, de réactivité, d'interpellation, en assumant les risques que cela comportait".

Près de 5000 policiers sont prévus dans la capitale et la mission antiterroriste Sentinelle devrait être déployée pour protéger certains lieux publics. Face à des inquiétudes sur le recours à ces militaires, Christophe Castaner a souligné qu'ils "ne doivent en aucun cas participer au maintien de l'ordre".

  • Des changements au long terme

Toutes les annonces de l'exécutif ne seront vraisemblablement pas mises en place dès ce samedi. L'utilisation de marqueurs indélébiles projetés sur les blacks blocs, évoquée en début de semaine, est étudiée place Beauvau mais ne pourra finalement pas être mise en place pour la 19e journée de mobilisation, selon plusieurs sources proches du dossier.

Quant à l'usage de drones, annoncé par le Premier ministre, rien n'était encore décidé jeudi, a affirmé une source policière.

Christophe Rouget, du syndicat des cadres de la sécurité intérieure, a souligné sur notre antenne que d'autres changements sont attendus pour le long terme. 

"Les policiers ont besoin d'être rassurés, ils ont besoin d'avoir les moyens d'intervenir, a-t-il expliqué. On ne va pas tout régler en une semaine. (...) Il faut voir au long terme. Il faudra des investissements. Il faudra revoir la doctrine et le schéma d'intervention au niveau national parce que, pendant des années, les ministres qui se sont succédé n'ont rien fait sur le maintien de l'ordre qui est affaibli".