Garde des enfants : les pères souvent désavantagés

D'après une étude de l'INSEE datant de mars 2011, 73,5% des enfants dont les parents sont séparés ont leur résidence principale chez leur mère. - -
Cela fait plus de trois jours que Serge Charnay est perché en haut d’une grue à Nantes. Ce père de famille, séparé de la mère de son fils n’a plus la garde de son garçon de six ans après sa condamnation pour soustraction d'enfant. Au-delà de ce cas particulier, des associations dénoncent la partialité des juges sur l’attribution de la garde des enfants qui est souvent accordée à la mère plutôt qu’au père. En effet, d'après une étude de l'INSEE datant de mars 2011, 73,5% des enfants dont les parents sont séparés ont leur résidence principale chez leur mère.
« Les pères ne supportent plus de ne pas voir leurs enfants »
Un constat que déplorent les associations pour l'égalité des droits entre père et mère, comme c’est le cas de Gérard Révérend, le président de l'association Les papas = Les mamans. « Il y a une disparité manifeste, dit-il. Ce qu’il faut savoir c’est que quand un père demande la résidence alternée, il suffit que la mère ne soit pas d’accord pour que cela ne fonctionne pas. Ce droit de vie qu’est l’hébergement remonte à une époque où les pères ne s’occupaient pas concrètement des enfants après un divorce. Et la société estimait qu’il fallait garder un petit contact entre le père et ses enfants. Aujourd’hui les pères ne supportent plus de ne pas voir leurs enfants et d’être mis au ban. C’est une discrimination sociale. Il faut appeler un chat, un chat ».
« Ce qui pose problème c’est plus l’application de la loi »
Les pères sont en effet de plus en plus révoltés par ce type de décisions qu’ils jugent injustes et discriminatoires. « Ce qui pose problème, constate Fabrice Mejias, président de SOS Papa. C’est plus l’application de la loi. C’est là où le sexisme intervient. On le sait bien, dans l’inconscient collectif, une maman ne peut être qu’une bonne maman et un papa, un sous-parent. C’est aujourd’hui la réalité. Même s’il y a un conflit, le juge a la possibilité d’ordonner la garde alternée. Malheureusement, la maman a aujourd’hui toute latitude pour faire interrompre ou rendre impossible cette résidence alternée ».
« Quand les pères demandent plus, ils l’obtiennent »
Du côté des mères, de telles accusations surprennent. Elles n’ont pas l’impression d’être plus avantagées que les pères. « Il ne faut quand même pas généraliser la victimisation des pères, estime d’ailleurs Carole Lapanouze, présidente de l'association « SOS les mamans » qui défend les droits des mères. On ne peut pas reprocher à ces femmes d’avoir la garde des enfants. C’est une décision en partie collatérale prise avec le père. Parce que les pères ne demandent pas plus ni mieux qu'un droit de visite classique voire élargi. Et finalement, il n’y a qu’une très petite minorité de pères qui vont aller de procédure en procédure. Quand ils demandent plus, ils l’obtiennent. S’il y a des victimes, il y en a partout. Il n’y a pas que des pères qui sont victimes ».












