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Gardasil : «Ma vie est foutue»

BFM La rédaction avec Justin Morin
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Une jeune femme a déposé plainte vendredi contre Sanofi Pasteur qui développe le Gardasil, vaccin contre le col de l’utérus. Elle accuse ce vaccin d’être responsable de sa sclérose en plaque. D’autres plaintes pénales devraient être déposées.

Marie-Océane a 18 ans et est atteinte de sclérose en plaque. Aujourd’hui, elle accuse le laboratoire Sanofi Pasteur qui développe le Gardasil, vaccin contre le cancer du col de l’utérus, d’avoir provoqué sa maladie. Elle porte plainte contre le laboratoire et l’agence du médicament. Elle a été vaccinée au Gardasil à 15 ans, comme quelque 2,3 millions d'adolescentes françaises. Après deux injections, elle a subi de graves effets indésirables: vomissements, perte temporaire de la vue, de la marche, paralysie faciale.

« On lui a cassé son adolescence »

La patiente et son avocat fondent la plainte sur l'avis rendu par un comité d'experts, la commission bordelaise des accidents médicaux, saisie par les parents de Marie-Océane. En septembre 2012, cette dernière a reconnu un lien direct entre la maladie neurologique dont souffre cette jeune landaise et sa vaccination quelques mois plus tôt.

« Je voudrais éviter que les filles se fassent vacciner et subissent les mêmes souffrances. Je commençais à avoir des fourmillements à la jambe et aux bras, je ne sentais plus mes jambes, raconte Marie-Océane. Je me suis retrouvée en train de vomir, à ne plus réagir. J’étais dans un état comateux ». Son père assure vouloir se battre jusqu’au bout : « On lui a cassé son adolescence. Sa vie est gâchée par ça. Juste après sa vaccination, elle avait des paralysies faciales, des pertes de vue… Très peu de familles portent le dossier jusqu’au bout, il fallait bien que quelqu’un se lance, on ira jusqu’au bout ».

Trois nouvelles plaintes d'ici quinze jours

Et cette plainte pourrait ne pas être la seule : un cabinet d'avocats parisien, qui défend trois jeunes filles victimes d'effets néfastes présumés de la prise de Gardasil, a annoncé dimanche vouloir déposer « trois plaintes pénales d'ici quinze jours » contre le laboratoire Sanofi Pasteur.

Julie, 23 ans, est une de celles qui s’apprête à porter plainte. Elle s'est fait vacciner à l'âge de 17 ans en 2008. Elle est aujourd'hui atteinte de la maladie de Verneuil -elle a des abcès sur presque tout le corp-. Elle ne peut pas travailler, elle est suivie par un dermatologue. Elle est persuadée que sa maladie est liée au Gardasil : « Je suis contente car les gens commencent enfin à prendre conscience du problème. Ça fait 5 ans que j’essaie d’en parler à tout le monde, on me prend pour une folle. Il me faut de l’aide constamment. Ma vie aujourd’hui, c’est les rendez-vous médicaux, les pansements. Ma vie est foutue, je voudrais éviter ça à d’autres filles ».

Une « grosse interrogation » sur le vaccin

Certains médecins s’interrogent sur l’utilité de ce vaccin : « Cela fait 5 ans qu’on essaie de comprendre pourquoi un vaccin qui coûte très cher, dont on a jamais prouvé la moindre efficacité et qui en plus semble présenter des effets délétères a été mis sur le marché pour une pathologie qui, simplement avec des frottis réguliers chez la femme de 25 à 75 ans permettrait de faire disparaitre le cancer du col. Donc c’est une grosse interrogation », constate Philippe de Chasourne est médecin généraliste et président de l'association Med-Océan qui milite pour une évaluation indépendante des produits de santé.

A l’inverse, le docteur Joseph Monsonégo est gynécologue, et chef du département de colposcopie de l’intitut Alfred Fournier à Paris estime qu’il n'y a pas de risque à laisser le Gardasil sur le marché : « Il n’y a pas lieu aujourd’hui de s’affoler par rapport à cette vaccination. Nous disposons de données sur des dizaines de millions de patientes depuis environ dix ans qui montrent qu’il n’y a pas de surrisque de ce vaccin à développer des maladies neurologiques et qu’un symptôme qu’on observe après un vaccin ne signifie pas que ce symptôme est causé par la vaccination ».