France : un cambriolage toutes les 90 secondes

En France, il y aurait plus de 500 collectifs de voisins pour assurer la sécurité de quartiers. - -
Le chiffre est impressionnant. Toutes les 90 secondes, un nouveau cambriolage, soit, au total, 352 600 cambriolages en France en 2012 selon l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. Les habitations principales sont les plus touchées, avec une augmentation de 8,5 % en 2012, qui s'ajoutent aux 17% de 2011. « On a maintenant affaire à des réseaux criminalisés très professionnalisés, qui viennent notamment des pays de l'Est. Ces vols sont rapides et organisés avec une hiérarchisation des tâches. Les chefs restent souvent dans leur pays d'origine et peuvent par exemple exploiter des mineurs, qui ont des objectifs à remplir » souligne Christophe Soullez, directeur de l’ONDRP. La Côte-d'Or, le Doubs, la Drôme, les Bouches-du-Rhône et la Haute-Garonne ont le taux de cambriolages le plus élevé. De son côté, Manuel Valls invité sur RMC et BFMTV ce mardi, a regretté ces chiffres astronomiques et a dénoncé des « groupes très organisés qui viennent de l'étranger : géorgiens, roumains...». Le ministre a également annoncé « la création de cellules anti-cambriolage dans les gendarmeries »
« Nous ne sommes pas des miliciens »
Pour éviter les cambriolages, de plus en plus particuliers s'organisent et se regroupent en collectif. « Voisins vigilants », ou encore « voisins solidaires », il existe plus de 500 communautés de la sorte en France, notamment dans la Drôme, où les cambriolages ont encore augmenté de 6% ces dernières années. Ainsi, à Tain-l'Hermitage et après une dizaine de cambriolages en six mois, des voisins surveillent leur quartier. Luc, l’un d’eux, raconte sur RMC comment il fait attention à son quartier du Mistral : « Dès qu’on voit des gens tourner dans le secteur, si on voit un fourgon, on prend la plaque d’immatriculation, et ça peut servir, on ne sait jamais. Ce n’est pas être milicien, ce n’est pas faire notre propre justice, mais il faut quand même les décourager ». Et cette vigilance, ils en sont certains, peut payer, comme l’affirme David qui doit à son voisin d’avoir encore son appartement inviolé ; « En rentrant chez lui, il a trouvé deux personnes devant mon appartement qui allaient peut être cambrioler chez moi. Ils venaient soit pour repérer, soit pour cambrioler, ils sont tombés nez à nez avec Luc, et c’est lui qui a déjoué le cambriolage ». Résultat, c’est tout le sentiment d’insécurité qui se réduit dans la zone. « Ça peut les freiner. Ils savent que des gens sont là pour surveiller les allées et venues d’autres personnes, on est plus en sécurité », estime ainsi Serge, un autre habitant du quartier.
« Des réseaux bien organisés »
L’une des principales difficultés pour la police est le côté mouvant des réseaux criminels. « C’est une forme de délinquance itinérante, transnationale, avec des auteurs qui sont originaires de pays de l’Est, pour d’autres, ça peut être des ressortissants italiens, appartenant à des réseaux organisés européens », analyse le colonel André-Marc Hebert, en charge de la gendarmerie pour la Drôme. « Il y a des circuits de recel, de revente, qui nous amènent parfois à découvrir des réseaux bien organisés. Par exemple, récemment, des palettes de téléviseurs ont été volés dans le département, et les cinq palettes ont été retrouvées le soir-même dans le sud de l’Italie, dans un local appartenant à la mafia ».
« Il a fallu spécialiser les équipes »
Dans la Drôme toujours, la gendarmerie a donc créé un groupe d'enquête spécifique composé d'une vingtaine d'hommes pour arrêter les groupes qui écument les résidences du département, dirigé par l’adjudant-chef Denis Arondelle. « La gendarmerie dispose de techniciens en identification criminelle de proximité, et donc sur chaque cambriolage, la police technique recherche empreintes, traces de pas, ADN, et tout ça permet de faire des recoupements, interroger des fichiers, et remonter sur le nom des auteurs. Vu l’augmentation des cambriolages, il a fallu spécialiser les gens, pour avoir des méthodes de travail unifiées et traiter complètement un cambriolage lorsqu’on se déplace sur les lieux ».












