France : 65,8 millions d'habitants en 2012

En 2012, la croissance démographique française a ralenti en raison d'un fort taux de décès et de naissances qui stagnent - -
Trop de morts, pas assez de naissances : la population française a cru moins vite en 2012. Selon les chiffres de l’Insee, la population de la France a augmenté l'an dernier pour atteindre 65,8 millions d'habitants, mais la hausse a été plus faible que les années précédentes. La France métropolitaine et les départements d'outre-mer comptaient au 1er janvier 2013 65 586 000 habitants sans compter Mayotte, soit environ 300 000 personnes de plus qu'un an auparavant (+0,47%). C'est bien, mais pas assez : il s'agit de la croissance la plus faible des dix dernières années, précise l'Institut national de la statistique.
Les naissances reculent
En effet en 2012, le « solde migratoire » (la différence entre le nombre des personnes entrées et sorties du territoire) est resté relativement faible (+54 000) et le « solde naturel », soit la différence entre le nombre de naissances (822 000 en 2012) et le nombre de décès (571 000), est « parmi les plus bas de la décennie ». Résultat : la croissance baisse.
Les naissances ont un peu diminué l'an dernier, un léger recul qui s'explique par la baisse du nombre de femmes en âge de procréer, alors que la fécondité, à 2,01 enfants par femme, ne progresse pas. Et pourtant, la France est loin d'être un mauvais élève en matière de procréation. Au sein de l'Union européenne, l'Irlande reste championne de la fécondité, avec 2,05 enfants par femme en 2011, et la France arrivant en deuxième position. La France n'atteint toutefois pas le seuil de renouvellement des générations, qui est de 2,1, et sa croissance démographique s'explique surtout par son histoire.
« Un nombre de décès important en 2012 »
Aujourd'hui, « les générations en âge d'avoir des enfants sont relativement nombreuses car leurs parents appartenaient aux classes nombreuses du baby-boom », nées après la guerre, souligne Pascale Breuil, chef de l'unité des études démographiques et sociales de l'Insee. L'âge moyen à l'accouchement a continué d'augmenter pour atteindre 30,1 ans. Mais « le fait majeur de 2012, c'est le nombre de décès important », relève Pascale Breuil. Les décès ont en effet été « particulièrement nombreux » l'an dernier. Ils ont même atteint leur niveau le plus élevé depuis 2000, en raison d'une vague de froid exceptionnelle et de plusieurs épidémies (grippe, gastro-entérites...) qui ont frappé la France au cours de l'hiver, explique l'Insee. En plus de leur effet direct sur la mortalité, ces épidémies ont pu entraîner une vulnérabilité des personnes déjà fragiles, souligne l'Institut.
L’espérance de vie recule, les Français se marient plus
Ce grand nombre de décès explique qu'en 2012, l'espérance de vie a stagné pour les hommes (78,4 ans) et même diminué de deux mois pour les femmes (84,8 ans). « Comme avec la canicule en 2003, c'est un accident, pas une rupture de tendance », assure toutefois Pascale Breuil.
En revanche, le vieillissement des classes nombreuses du baby-boom devrait mécaniquement augmenter le nombre de décès et ralentir la croissance démographique à l'avenir. Au 1er janvier 2013, la France comptait 17,5% d'habitants âgés d'au moins 65 ans et près d'un habitant sur dix avait au moins 75 ans.
2012 a aussi marqué le retour en force des mariages, qui après une baisse quasi continue depuis 2000, ont vu leur nombre augmenter l'an dernier. Quelque 241 000 mariages ont été célébrés, soit environ 4 000 de plus qu'en 2011, une hausse « significative » pour cette institution bientôt ouverte aux couples homosexuels.












