Florian Jouanny, premier tétraplégique européen à finir un Ironman

"En 2011, je ne pensais qu’à une chose: contredire les médecins en remarchant." Cette année, Florian Jouanny est victime d’un grave accident de ski dans un snowpark. Il devient alors tétraplégique de niveau C6 et C7. "J’ai perdu la mobilité des membres inférieurs, du tronc et de certains muscles des membres supérieurs comme les mains." Après sa convalescence, il se lance un défi: être le premier tétraplégique au monde à finir un Ironman, sorte de triathlon longue distance avec 3,8 km de natation, 180,2 km de vélo et 42,195 km de course. Mais en 2013, le Sud-Africain Pieter du Preez réalise cet exploit en premier.
Ne pouvant pas marcher, Florian Jouanny doit utiliser un handbike, sorte de vélo couché et un fauteuil de handisport pour la course. Dans l’eau, il est guidé par Rémi, un coéquipier. "Je ne peux que nager sur le dos sans me retourner. Rémi m’indique où aller, à gauche, à droite…etc" Dans l’eau, il est considéré comme un valide. "À Barcelone, j’ai vraiment eu peur parce que je me suis pris pas mal de coups dans l’eau. Les valides ne savent pas que tu es handicapé. En Italie, on a essayé de contourner les nageurs. On a plus nagé mais pris moins de risques."
"J'ai roulé pendant 40 km avec le pneu percé"
Pendant les transitions entre les épreuves, Florian Jouanny a besoin d’assistance pour se déplacer et se changer. "À la sortie de na natation, c’était un peu rock’n’roll. Mon père et Rémi ont dû me porter sur 300 mètres. Eux aussi, ils en ont bien bavé!"
C’est sur le handbike que les choses vont se compliquer. "Après deux kilomètres en vélo, une roue a lâché. J’ai roulé pendant 40 km avec le pneu percé parce qu’il n’y avait pas d’assistance et que mon père se trouvait à 40 km avec une roue de secours…" À la fin du vélo (handbike), Florian "n’était pas beau à voir", il a même pensé à arrêter. Mais c’est lors de la transition finale qu’il décide d’aller au bout. "Quand j’ai vu toute ma famille et les amis qui étaient là pour m’encourager, qui ont pris des congés juste pour moi, je me suis dit que je ne pouvais pas leur faire ça. Alors, j’ai décidé de terminer."
Trois minutes de mieux qu'à Barcelone
"J’ai fini complètement lessivé, déshydraté, j’avais mal partout. Alors quand j’ai franchi la ligne d’arrivée, voir tous ces personnes m’encourager, la musique à fond…c’était vraiment incroyable." Il confie que "c’était plus dur" qu’en Catalogne. Finalement, il fera trois minutes de mieux qu’à Barcelone en bouclant son deuxième Ironman en 14 heures et 52 minutes.












