Esclavage: le Cran demande réparation au nouveau pape

Trois comédiens grimés en homme d'Eglise et en esclaves devant la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, lundi 11 mars. - -
Lundi après-midi, un étrange trio se détache des badauds sur le parvis de Notre-Dame-de-Paris. Un homme d'Eglise, mitre sur la tête et croix entre les mains, entouré de deux esclaves en haillons et lourdes chaînes aux poignets. Derrière eux, une banderole barrée de trois mots: "esclavage, abolition, réparation".
A la veille de l'ouverture du conclave qui doit élire le successeur de Benoît XVI, le Comité représentatif des associations noires (Cran) a voulu rappeler par cette action les liens entre l'Eglise et la traite des Noirs, et demander au futur pape des réparations.
"Que le nouveau pape soit noir ou blanc, africain, européen ou d'ailleurs, il devra s'engager sur la question des réparations", a indiqué Louis-Georges Tin, le président du Cran.
"En 1992, Jean-Paul II a demandé pardon lors de sa visite sur l'île de Gorée. Mais la repentance ne suffit pas. Ce que nous demandons, c'est que le Vatican mette en place une politique visant à réparer la responsabilité de l'Eglise dans l'esclavage et la colonisation".
En janvier dernier, c'est à l'Etat que le Cran s'était attaqué sur la question de l'esclavage, en soutenant l'action en justice d'une descendante d'esclave qui demandait réparation.
Lundi, Louis-Georges Tin a rappelé que le Premier ministre "Jean-Marc Ayrault s'était engagé à tenir une réunion interministérielle en novembre sur la question des réparations. Nous sommes en mars, c'est une promesse trahie."
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