Egalité hommes-femmes: des ateliers expérimentés en maternelle

Un atelier autour de l'égalité hommes-femmes dans une classe de maternelle de Neuilly-Plaisance, en Seine-Saint-Denis. - -
Enseigner l'égalité hommes-femmes dès la maternelle? Cette volonté exprimée dès 2012 par la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, est devenue une réalité depuis l'automne dans les écoles de dix académies.
C'est le cas à Neuilly-Plaisance, en Seine-Saint-Denis. A l'école Victor-Hugo, des enfants de quatre ans collent des images d'hommes et de femmes devant deux tableaux correspondants. Un exercice qui révèle certains stéréotypes déjà ancrés.
Louis XIV? "Fille", pour Lorenzo, qui a remarqué ses longs cheveux. "Garçon! Avant, il y avait des garçons qui mettaient des robes", corrige une de ses camarades. Même confusion lorsqu'une femme porte un uniforme: "un homme", répondent en choeur les enfants, avant de mieux regarder la photographie et de changer leur réponse.
Polémique fin 2012
Chaque exercice du programme "ABCD de l'égalité" doit amener les enfants à s'interroger. Hélène Maurice, la directrice de l'école, interroge: "Le rose c'est pour qui?" "Pour les filles", répond un garçon. "Non", renchérit un autre, "c'est pas que pour les filles. Par exemple, ce jeu est rose et on joue avec..."
Fin 2012, l'initiative avait suscité de vives critiques. Sur RMC, la présidente de la fédération de parents d'élèves PEEP avait estimé qu'il fallait "arrêter de donner d'autres rôles à l'école". Sur ce point, avait jugé Valérie Marty, "c'est peut être aux adultes de changer leur comportement pour que les enfants et la société future soient différent". Pour le vice-président du parti chrétien-démocrate, Jean-Frédéric Poisson, cette égalité-là "entendait la volonté de raboter toutes les différences, naturelles, objectives et psychologiques."
"Ne pas s'auto-censurer"
Mais pour Hélène Maurice, cet enseignement est très positif. "On essaie de semer des petites graines pour leur permettre de ne pas s'auto-censurer", explique l'enseignante à BFMTV. "Par exemple, si un garçon veut être sage-femme ou une fille aviateur, de réaliser leur envie." Les parents, eux-aussi, approuvent: "Plus tôt on s'y prend, mieux c'est", indique un père d'élève à la sortie de l'école. Le programme doit être généralisé à la rentrée de septembre.












