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Un village privé d'instituteur décide de s'en payer un

BFM La Rédaction, avec Yann Abback
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Village des Hautes-Alpes recherche instituteur. Pour répondre à la fermeture de la classe de maternelle du village, le maire de Puy-Saint-Vincent a décidé de recruter et de payer un instituteur, aux frais de la commune. Témoignages.

Marcel Chaud, le maire de Puy-Saint-Vincent explique qu'il veut « pallier les carences de l'Etat ». Il a fait les comptes : l'instituteur devrait coûter 30 000 euros par an. Le Puy-Saint-Vincent est une commune touristique de 300 habitants, elle peut se le permettre et les candidats ne manquent pas : une vingtaine de CV sont déjà arrivés sur le bureau du maire.
Le maire qui refuse la logique comptable de l'Etat : il y a deux ans, l'école du village accueillait 34 élèves, aujourd'hui, ils sont 23 dont 6 petits. A la rentrée, les enfants de maternelle seront donc envoyés dans l'école d’un village de la vallée.
Pas question, disent les parents, notamment parce que les routes sont impraticables l'hiver avec la neige. Pierre Barrière, l’inspecteur d'académie des Hautes-Alpes, n'est pas du tout convaincu. Pour lui, c'est un argument pour Parisien...

« L’Education nationale met nos enfants à la porte ! »

Céline Buchet vit à Puy-Saint-Vincent depuis 8 ans, elle a deux enfants, de 3 ans et 1 an, et elle est très mobilisée contre cette fermeture de classe : « Nous sommes bien chanceux de pouvoir compter sur la mairie. Mais il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, je ne comprends pas pourquoi l’Education nationale met nos enfants à la porte de l’école comme ça ! Ils nous proposent une école à Vallouise [ndlr, 700 habitants]. Sur le papier ça fait 5 km, c’est pas loin ; sauf que nous on est en altitude, on doit mettre les enfants sur les routes et l’hiver c’est pas possible, c’est plein de verglas ; on les voit plus à midi, la qualité de vie n’est plus du tout pareille. On est venus s’installer dans un village où il y avait une école. Un village sans école c’est un village qui meurt ».

« La décision est prise, il faut faire face à la réalité »

Mais pour Pierre Barrière, inspecteur d'académie des Hautes-Alpes, pas question de revenir sur sa décision de fermer la classe : « La décision est prise, depuis deux mois déjà. Et depuis, nous avons d’ailleurs plutôt observé une nouvelle baisse d’effectif. Il faut faire face à la réalité. Evidemment, si le maire tient absolument à la création d’une école privée, il peut le faire. Mais ça va coûter extrêmement cher, alors qu’il y a des solutions plus commodes, plus pratiques et plus durables ».