Un lycée privé de Lyon accusé de dispenser des "enseignements homophobes"

Le compte Twitter @ParisPasRose a épinglé les passages d'un manuel scolaire utilisé dans un lycée privé à Lyon. - Capture d'écran Twitter
Les passages ont été épinglés par le compte Twitter @ParisPasRose le 10 octobre dernier. Cet internaute, très impliqué dans la lutte contre l'homophobie, a publié les photographies d'un manuel utilisé en cours de religion au lycée Sainte-Marie, dans le 5e arrondissement de Lyon. "L'homo-érotisme est problématique, favorisant le narcissisme", peut-on notamment lire dans ce document.
"Le sens des gestes homosexuels est stérile"
Selon Rue89 Lyon, qui a mené l'enquête, c'est à la page 196 de l'ouvrage "Raisons de croire, petite théologie par les textes" que se trouvent les phrases mises en cause. Dans un passage, le manuel fait notamment un développement sur ce qu'il appelle "l'homo-érotisme", "le fait de rechercher des relations qui engagent le sexuel avec des personnes de même sexe".
"Si le sens des gestes hétérosexuels (coït) est clair (accueil, don, alliance, fécondité), le sens des gestes homosexuels (sodomie, fellation, cunnilingus) est trouble et stérile", assure le texte. "Ce sont des gestes de substitution qui confondent l’oralité, l’analité et la génitalité. Ils sont confus, 'intrinsèquement désordonnés'".
La polémique a pris de l'ampleur au fil des jours: deux députés LaREM - Raphaël Grégoire et Laurence Vanceunebrock-Mialon ont condamné dans un communiqué des "enseignements homophobes". "L'École républicaine, publique ou privée, doit veiller à garantir un climat inclusif à tous les élèves, quelque soit leur orientation sexuelle, et transmettre les valeurs de respect", ont-ils insisté.
L'école réagit dans un communiqué
L'ouvrage, utilisé depuis 2014 par les classes de Terminale, fait partie d'une collection intitulé "Les Chemins de la Foi", qui a été créée par des professeurs de l'établissement, explique Rue89 Lyon. L'un des auteurs, Xavier Dufour, enseigne notamment les mathématiques ainsi que la philosophie et la religion.
Dans un communiqué, l'établissement a réagi à cette polémique en disant condamner "sans équivoque tout propos ou acte homophobe". Et de rappeler:
"En aucun cas, l’enseignement dispensé dans notre école ne stigmatise ou ne juge les personnes homosexuelles. Aucune parole blessante visant les personnes homosexuelles ne saurait être acceptée dans notre maison. Si de tels faits de la part d’enseignants ou d’élèves nous étaient rapportés, nous prendrions immédiatement les sanctions appropriées."
Une "clarification" dans la prochaine édition
Concernant l'encadré mis en cause, l'école précise que le texte n'a "ni une visée ni une intention homophobe - à savoir une détestation ou une haine des personnes homosexuelles - mais entend poser les termes d’un débat". Elle précise que les termes de ce passage sont tirés d'enseignement du catéchisme mais aussi de penseurs comme Freud, le psychanalyste Jean Bergeret, ou le théologien Xavier Lacroix".
Le communiqué affirme néanmoins qu'une "clarification" est "à envisager", ajoutant que l'extrait polémique n'occupe "qu'un quart de page sur un ouvrage de 292 pages". "Les termes et les sources des auteurs et des textes cité dans cet encadré" seront à préciser dans la prochaine édition.
Contacté il y a quelques jours par le magasine Néon, le ministère de l'Education nationale a affirmé n'avoir reçu aucun signalement via le rectorat, ni connaissance d'une plainte en justice. Il a déclaré que le cours de religion, dans lequel ce manuel est utilisé, n'est pas un "enseignement obligatoire" mais relève de "la vie scolaire" et ne dépend donc pas du contrat signé par l'Etat avec les établissements privés.











