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Pourquoi ne travaille-t-on plus les derniers jours à l'école?

BFM Céline Hussonnois-Alaya
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L'école n'est pas encore finie. Officiellement, il reste encore trois jours avant la fin de l'année scolaire. Pourtant, depuis la semaine dernière, les salles de classe sont souvent désertées.

Ce n'est pas encore l'heure des grandes vacances. Officiellement, l'année scolaire se termine ce samedi. Pourtant dans les faits, nombre d'élèves ont déjà quitté les salles de classe. Que ce soit à l'école primaire, au collège ou au lycée, pour certains, les vacances ont bel et bien commencé depuis plusieurs jours.

  • Plus de cours au lycée depuis début juin

Un absentéisme au lycée qui s'explique largement par l'organisation des examens. "C'est quelque chose que l'on déplore depuis longtemps, mais avec les épreuves du baccalauréat pour les élèves de première et de terminale, il n'y a plus cours dès le début du mois de juin, y compris pour les élèves de seconde, regrette pour BFMTV.com Lysiane Gervais, secrétaire nationale au SNPDEN, le syndicat des personnels de direction, et proviseure d'un lycée à Bordeaux. Les examens occupent toutes les salles." Elle espère que la réforme du baccalauréat, qui s'appliquera dès la rentrée prochaine pour les élèves de première, permettra de regagner des heures de cours au mois de juin.

"En 2021, il n'y aura plus que le grand oral et l'épreuve de philosophie en terminale. Mais encore faut-il que les élèves acceptent de rester en classe quelque semaines de plus."
  • Les collégiens absents depuis une semaine

Au collège, ce n'est guère mieux. Les conseils de classe ont eu lieu, les bulletins scolaires ont été envoyés depuis plusieurs jours et le brevet s'est achevé ce mardi. De quoi démotiver les troupes. "À de rares exceptions près, les élèves ne viennent plus depuis mercredi dernier, à la veille des épreuves de brevet prévues initialement", témoigne pour BFMTV.com Stéphane Crochet, secrétaire général du Syndicat des enseignants-UNSA.

Pourtant, les enseignants sont présents. "Si les élèves viennent, ils seront accueillis, et c'est le cas pour les rares présents, souvent regroupés car peu nombreux", précise pour BFMTV.com Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées et collèges.

Pour les collégiens, cette fin des cours prématurée est bien souvent considérée comme une aubaine. Mais pour d'autres, elle est le signe d'un profond dysfonctionnement. "Le mois de juin a été chaotique", déplore pour BFMTV.com Rodrigo Arenas, co-président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE).

"Comme tous les ans, les élèves se retrouvent en vacances avant la fin officielle de l'année scolaire. Un problème qui se répète avec en plus cette année la crainte de fermetures de classes et d'écoles rurales à la rentrée. Aujourd'hui, l'Éducation nationale n'a pas les moyens financiers et humains de faire appliquer le droit dans les établissements."

Ce représentant de parents d'élèves est en colère. Car, selon lui, le calendrier scolaire a des conséquences bien plus graves qu'il n'y paraît. "La débrouille n'est jamais une bonne solution éducative", pointe Rodrigo Arenas. Il juge le système inadapté et considère même qu'il entretient et renforce les inégalités sociales entre les parents qui ont les moyens financiers et humains de prendre en charge leurs enfants et ceux qui ne le peuvent pas. Même problème au niveau des collectivités, entre celles qui peuvent financer des activités à moindre coût pour les familles et celles qui n'en ont pas les budgets. "Que l'on ne vienne pas se plaindre que les enfants passent leur temps sur les réseaux sociaux ou soient livrés à eux-mêmes dehors."

  • En maternelle et au primaire: décélérer en douceur

Du côté des écoles maternelles et primaires, les élèves ont été globalement au rendez-vous jusqu'à vendredi dernier. Mais depuis lundi, dans certains établissements, les classes sont clairsemées. Que la 36e et dernière semaine de l'année scolaire empiète sur le mois de juillet joue certainement beaucoup dans cet absentéisme. "C'est une semaine qui connaît un ralentissement au niveau des apprentissages, reconnaît Stéphane Crochet, du Syndicat des enseignants-UNSA. Mais c'est une semaine où l'on mène d'autres types d'activités." Il ne s'agit en aucune manière d'une semaine de garderie, selon ce représentant des enseignants.

"On en profite par exemple pour ranger, une activité qui est importante pour les élèves et qui permet de passer en revue ce qui a été fait durant l'année. Des expositions, rencontres sportives ou encore des randonnées sont organisées. Autant d'activités qui permettent de faire le lien avec l'école, de finaliser et conclure une année écoulée en douceur et avec plaisir." 

Que cette dernière semaine de classe ait lieu en juin ou en juillet ne change rien au problème, selon ce représentant d'enseignants. "Les vacances d'automne ont été allongées. Or, le calendrier scolaire dure toujours trente-six semaines. Mathématiquement, cela repousse donc la fin de l'année à juillet. Il faudra toujours une dernière semaine pour décélérer."