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Maths à l'école: qu'est-ce que la "méthode de Singapour", applaudie par l'enquête Pisa?

BFM Céline Hussonnois-Alaya avec Camille Dauxert et Fanny Morel
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(image d'illustration) - AFP

C'est à Singapour, qui a développé sa propre méthode pour enseigner les mathématiques, que les élèves sont les plus performants. En France, de plus en plus d'écoles adoptent ce dispositif d'enseignement, qui préconise de rendre le calcul concret.

Singapour est en tête du classement de l'enquête Pisa. Cette étude révélée mardi, menée tous les trois ans par l'OCDE, évalue les compétences des élèves de 15 ans en sciences, mathématiques et lecture. Si environ 8% des élèves sont très performants en sciences dans les pays de l'OCDE, ce taux atteint 24% à Singapour, qui arrive en première place dans ces trois domaines.

Cette cité-État d'Asie du sud-est a développé une méthode bien particulière pour faire aimer les mathématiques aux enfants. Une méthode qui fonctionne si bien que certaines écoles françaises ont décidé de l'appliquer. Comme l'école primaire et collège privés Saint-Honoré d'Eylau, dans le 16e arrondissement de Paris.

"Tout devient plus simple"

Depuis près de deux ans, les élèves de cette école apprennent avec la méthode de Singapour. Le cours de mathématiques commence toujours par une histoire. La recette: passer du concret à l'abstrait. En clair: s'aider de la réalité pour apprendre à additionner et soustraire à l'aide d'un matériel spécifique. 

"On manipule avec des cubes, des billes, des jetons, c'est la situation concrète de départ, indique à BFMTV Nadège Doat, la directrice de cet établissement scolaire. Après on passe à l'image et ensuite on passe au symbole mathématique. Tout devient plus simple, tout prend du sens."

"Traiter moins de sujets, mais en profondeur"

L'autre idée de cette méthode de Singapour, c'est prendre le temps. "L'un des principes de cette méthode est de traiter moins de sujets, mais en profondeur, analyse Jean Nemo, fondateur de la maison d'édition La Librairie des écoles, pour Le Point. On en fait moins, mais mieux. Avec la méthode de Singapour, on reste presque un mois sur l'addition et la soustraction."

L'éditeur qui publie en France des manuels utilisés à Singapour explique sur son site internet qu'une approche "en spirale" est mise en œuvre. 

"La méthode de Singapour procède par "petites touches": chaque notion est d'abord présentée puis, l'année d'après, approfondie, et ainsi de suite. Par exemple, la division est enseignée dès le CP mais de manière très simple, sur des chiffres inférieurs à 20. Le symbole ÷ n'est introduit qu'au CE1, et les divisions avec reste au CE2. Le fait d'introduire des notions de façon très simple puis de les revoir en profondeur l'année d'après permet aux élèves de s'y familiariser."

Il estime qu'entre 1.500 et 2.000 classes l'utilisent aujourd'hui dans l'hexagone et en majorité dans des écoles publiques. Autre aspect de cette méthode: le travail en groupe, qui incite les élèves à s'entraider. Les meilleurs corrigent et viennent ainsi en aide à ceux qui rencontrent des difficultés.