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Les pistes de Blanquer pour résoudre la crise du recrutement des enseignants

BFM L.A.
En France, un enseignant est deux fois moins bien payé qu'en Allemagne en début de carrière. Mais à l'approche de sa retraite, son salaire aura doublé alors que son homologue allemand devra se contenter d'une augmentation de 30%.

En France, un enseignant est deux fois moins bien payé qu'en Allemagne en début de carrière. Mais à l'approche de sa retraite, son salaire aura doublé alors que son homologue allemand devra se contenter d'une augmentation de 30%. - Frank Perry - AFP

Certaines filières connaissent une pénurie d'aspirants professeurs, à tel point qu'il n'y a parfois pas assez de candidats pour les postes à pourvoir. Conscient du problème, le ministre de l'Education nationale a déjà évoqué plusieurs pistes.

Le Snes tire - encore une fois - la sonnette d'alarme quant au recrutement des enseignants. Pas besoin pour cela d'attendre les résultats des épreuves du Certificat d'aptitude au professorat du second degré (Capes). A l'issue du premier tour, le syndicat prévenait déjà début juin de "mauvais signaux" au vu des résultats d'admissibilité.

En lettres classiques, il y avait 78 admissibles de moins que le nombre de postes à pourvoir, et 47 en allemand. C'est-à-dire qu'avant même de connaître le nombre de nouveaux enseignants fraîchement reçus au Capes, il n'y en avait déjà pas assez.

En lettres modernes, anglais et mathématiques, la situation n'est guère meilleure, avec "moins de deux admissibles par poste" ouvert selon le Snes. Pourtant, rappelle Le Figaro ce mercredi, seuls 5833 postes ont été ouverts au Capes cette année, contre 7315 en 2017.

"Un tiers seulement des inscrits se présentent aux épreuves"

Le ministre de l'Education nationale est conscient du problème. "Chaque année 150.000 étudiants s'inscrivent aux concours. Cependant, un tiers seulement des inscrits se présentent aux épreuves", reconnaît-il dans son livre Construisons ensemble l'Ecole de la confiance, paru en mai. Il regrette que les étudiants ne soient pas suffisamment "fidélisés" au cours de la formation.

"Nous avons un besoin évident de pré-recrutement, c'est à dire des personnes qui se destinent à la fonction de professeur, à qui on donne les moyens de s'engager dans cette carrière", expliquait-il début juin à Franceinfo.

"Tous les systèmes qui permettent d'encourager le plus en amont possible la vocation professorale sont des bons systèmes", assurait alors Jean-Michel Blanquer, proposant notamment d'avoir "plus d'assistants d'éducation dont la vocation est de devenir professeur" et en faisant évoluer leur statut.

Un recrutement à bac+3

Autre piste préconisée par la Cour des comptes, le début du recrutement à la fin de la licence, à bac+3, auquel le gouvernement serait plutôt favorable selon l'Obs. L'étudiant continuerait à être formé pendant deux ans dans une Ecole supérieure du professorat et de l'éducation (ESPE), comme aujourd'hui, tout en enrichissant son expérience professionnelle.

En outre, le sujet d'une prime de 3 000 euros qui pourrait être attribuée aux enseignants des réseaux d'éducation prioritaire renforcés (REP+) est toujours sur la table, afin d'améliorer l'attractivité de ces postes pour les nouveaux entrants dans la profession.