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Le gouvernement veut élargir l'école aux moins de 3 ans

Une fillette dans une école

Une fillette dans une école - -

La scolarisation des enfants de moins de trois ans va redevenir une priorité, avec une circulaire publiée mardi.

Inscrire son enfant de moins de trois ans à l'école, c'est déjà possible en théorie. En pratique, ces enfants ne sont pas prioritaires en maternelle.

Promesse du candidat Hollande, qui s'était engagé à tripler le nombre des enfants moins de trois ans en maternelle, la scolarisation de ces enfants va redevenir une priorité, avec une circulaire mardi.

Trois mille postes seront ainsi créés sur le quinquennat dans ce but, dans le cadre du projet de refondation de l'école.

Une part divisée par 2,5 en 10 ans

Les suppressions de postes dans l'Education sous le précédent gouvernement ont entraîné un effondrement de la scolarisation des enfants de deux ans, dont la part est passée de 34,5% d'une classe d'âge en 2000 à 13,6% à la rentrée 2010, avec de fortes disparités géographiques. Il y avait 94.571 enfants de deux ans scolarisés en 2011-2012.

Le projet de loi pour la refondation de l'école rappelle que la scolarisation précoce est "un levier essentiel pour la réussite scolaire des enfants de milieux défavorisés" et qu'elle sera "privilégiée dans les secteurs de l'éducation prioritaire, dans les secteurs ruraux isolés et dans les départements et régions d'outre-mer".

Outre des recrutements, "une meilleure formation des enseignants et un partenariat avec les collectivités compétentes permettra d'améliorer l'accueil matériel, éducatif et pédagogique de ces très jeunes enfants".

"Un nouvel élan"

La circulaire "donne une orientation et un nouvel élan", s'est félicité Sébastien Sihr, du SNUipp-FSU, premier syndicat des enseignants du primaire, en déplorant toutefois "certains manques" dans la circulaire: "On avait demandé qu'il y ait des atsem à plein temps et que l'on définisse des effectifs réduits d'au maximum 15 enfants par classe." Le syndicat a demandé aussi "des rentrées échelonnées" au-delà de septembre. 

Le gouvernement veut notamment développer cette scolarisation précoce à Marseille. "Cela ne suffira pas à régler les problèmes d'insécurité, mais c'est un élément important pour aider les enfants", a jugé à l'AFP Agnès Florin, professeur de psychologie de l'enfant et de l'éducation à l'Université de Nantes.

Le ministère doit aussi publier mardi la circulaire du dispositif "plus de maîtres que de classes" pour mettre en place des pédagogies innovantes pour les enfants en difficulté.

Illustration : Elizabeth Albert / Flickr licence CC