La réforme de l'orthographe va être enterrée selon Hélène Carrère d'Encausse

Hélène Carrère d'Encausse estime que l'orthographe est une "marque d'identité" pour les Français. - Joel Saget - AFP
"Je ne crois pas qu'ils vont l'incorporer." L'académicienne Hélène Carrère d'Encausse prend le pari: pour elle, la réforme de l'orthographe, annoncée en février dernier, ne se fera pas. Interrogée sur la Radio Télévision Suisse, la secrétaire perpétuelle des Immortels confie être convaincue que les éditeurs de manuels scolaires ont renoncé à l'appliquer.
"Mon sentiment est que cette question est mise au frigidaire et cela va tomber dans l'oubli", explique-t-elle.
Pour Hélène Carrère d'Encausse, les éditeurs de livres scolaires reculent concernant l'inscription de la mention "nouvelle orthographe" sur la couverture des manuels distribués à la rentrée prochaine. "j'ai l'impression qu'ils ont tout arrêté parce qu'ils se rendent compte que, pour l'instant, ça ne marche pas", insiste l'académicienne, estimant que cette réforme sera abandonnée, comme celle de 1905 et 1994.
"Une marque d'identité"
L'historienne rappelle la polémique déclenchée en France après l'annonce de la mise en place de cette réforme de l'orthographe, 26 ans après sa validation par l'Académie française. "C'est très intéressant", analyse la secrétaire. "On dit que les Français sont déclinistes, qu'ils se moquent de tout, mais dès qu'on touche à l'accent circonflexe, à l'orthographe d'oignon, tout d'un coup, ils ont l'impression qu'on leur enlève beaucoup plus que leur portefeuille, qu'on leur enlève ce qu'ils sont".
"D'une certaine façon c'est une marque d'identité pour eux", poursuit-elle.
Début février, on apprenait que cette réforme, décidée par l'Académie française en 1990, sur proposition du Conseil supérieur de la langue française, serait appliquée à la rentrée de septembre prochain. Selon le texte, l'accent circonflexe doit disparaître des "u" et des "i", certains mots comme nénuphar doivent être simplifiés, ou certains tirets entre deux mot doivent être retirés. Au total, 2.400 mots sont concernés. Un hashtag #jesuiscirconflexe avait rapidement émergé sur les réseaux sociaux et les critiques virulentes contre cette réforme se sont multipliées.











