L’homosexualité a-t-elle sa place dans les manuels scolaires ?

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Dans une interview accordée au magazine Têtu, la ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem affirme que le gouvernement va « passer en revue les manuels scolaires qui jouent un rôle si important dans la construction des références sociales (...) Aujourd'hui, ces manuels s'obstinent à passer sous silence l'orientation sexuelle de certains personnages historiques ou auteurs, même quand elle explique une grande partie de leur oeuvre, comme pour Rimbaud », explique la ministre au magazine gay. La ministre des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement affirme que le gouvernement va « inciter » les éditeurs « à faire des efforts, et les collectivités territoriales peuvent procéder à des achats préférentiels ».
L'homosexualité passée sous silence
Socrate, Chopin, Jules Verne, Oscar Wilde, Arthur Rimbaud, Leonard de Vinci, Alexandre le Grand, Louis XIII... Tous ces personnages sont connus pour leur homosexualité. Pour autant, si les professeurs de français évoquent la passion amoureuse entre Rimbaud et Verlaine, les manuels scolaires passent encore sous silence l’homosexualité de grands personnages historiques. Le débat n’est pas nouveau : à la rentrée 2011, la Direction générale de l'enseignement scolaire avait tenté d'instaurer un chapitre nommé « Devenir homme et femme » dans les manuels de SVT. Mais le projet s’était heurté à l’opposition virulente de 80 députés UMP qui dénonçaient « une théorie philosophique et sociologique qui n’est pas scientifique ».
« Il ne faut pas avoir peur de raconter »
« Si on veut que les jeunes soient bien avec leur sexualité, et je pense aux jeunes homosexuels notamment, il ne faut pas avoir peur de raconter dans les manuels scolaires que tel personnage était homosexuel, avance Jean-Luc Roméro, président de l'association Elus Locaux Contre le Sida et Conseiller régional d'Ile-de-France apparenté PS. Louis XIII, l’empereur Adrien… je crois qu’il ne faut pas avoir peur de dire qui ils sont en dédramatisant tout cela ».
« Les bonnes règles on ne les écrit pas, on les vit »
« On ne voit pas tellement ce que cela peut apporter d’indiquer l’orientation sexuelle d’un personnage dans un manuel scolaire, s’interroge Valérie Marty, présidente nationale de la PEEP (Fédération des Parents d'Elèves de l'Enseignement Public). Après, les enseignants ont toute liberté pédagogique pour approfondir tel ou tel point. La lutte contre les discriminations, ça se fait dans l’école. Ce n’est pas parce que dans les livres on va inscrire telle ou telle chose que ça va changer. Ce n’est pas dans les livres qu’on écrit les bonnes règles, c’est parce qu’on les vit, tout simplement ».











