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Fusillade à Grasse: faut-il des agents de sécurité à l'entrée des lycées?

BFM Céline Hussonnois-Alaya avec Véronique Fèvre et Christophe Carnino
Selon le SNPDEN-Unsa, le premier risque en matière de sécurité reste l'attroupement d'élèves devant les établissements scolaires

Selon le SNPDEN-Unsa, le premier risque en matière de sécurité reste l'attroupement d'élèves devant les établissements scolaires - BFMTV

Le Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale dénonce des failles dans la sécurisation des établissements scolaires. Le SNPDEN-Unsa demande le recrutement d'agents de sécurité.

Après la fusillade à Grasse, les incidents dans des lycées de Saint-Denis et plusieurs agressions de proviseurs et d'enseignants, la question de la sécurité des établissements scolaires est relancée.

Des failles sur les alertes attentat ou de confinement

Une enquête révélée jeudi tire un peu plus la sonnette d'alarme: le principal syndicat des chefs d'établissements estime qu'il y a d'importantes failles, notamment sur les alarmes d'alerte attentat ou de confinement, trop peu présentes. Et demande la présence d'agents de sécurité.

Illustration dans un lycée parisien. À l'heure de la récréation, les élèves sortent prendre l'air devant l'établissement. Une semaine après l'attaque du lycée de Grasse, la question sécuritaire divise.

"On doit être une centaine devant l'école, tous les jours, à l'entrée ou à la sortie pendant les pauses. C'est vrai que ce serait extrêmement facile de mettre une bombe ou de faire une fusillade", témoigne pour BFMTV un lycéen. "Je me sens toujours en sécurité devant le lycée, déclare une autre. Ce n'est vraiment pas quelque chose qui me vient à l'idée."

Le premier risque reste l'attroupement d'élèves

Pour Philippe Tournier, le secrétaire général du SNPDEN-Unsa, le Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale, le premier risque en matière de prévention d'attentat reste l'attroupement d'élèves devant les lycées pour fumer, rappelant que les personnels ne peuvent pas empêcher la sortie d'élèves majeurs. "On se demande pourquoi les terroristes inventeraient un plan compliqué d'intrusion, alors que de toute façon, il y a des centaines de lycéens agglutinés à toutes les récréations devant les portes de centaines de lycées."

"Avec les commissaires de police nous avions demandé au gouvernement d'autoriser des zones" fumeur dans les lycées "pendant l'état d'urgence", a-t-il rappelé. "Je pense que le ministère de l'Intérieur était favorable, mais des lobbies se sont opposés". "Les deux tiers des lycées urbains avaient créé des zones pour protéger leurs élèves, mais la grande majorité sont retournés fumer sur la chaussée." 

Des exercices d'attentat-intrusion

Depuis la rentrée dernière, certains établissements ont renforcé leur éventail sécuritaire. Près de neuf établissements sur dix ont réalisé un exercice d'attentat-intrusion. Des mesures jugées inefficaces par le SNPDEN-Unsa. Il dénonce le retard pris par l'Éducation nationale dans le cadre de la sécurisation des établissements. Son enquête réalisée auprès de 2130 écoles pointe l'absence de système d'alerte spécifique: 55% des sondés n'ont pas de système d'alerte confinement, 60% n'ont pas de système d'alerte anti-intrusion.

Des mesures de sécurité rendues compliquées par l'architecture des bâtiments: selon 64% des chefs d'établissement, la configuration des lieux ne permet pas la mise en place de mesures de protection. Autre point noir: la formation du personnel à la sécurité. Quelque 75% des personnels interrogés estiment ne pas l'être suffisamment.

"Nous réclamons la présence d'agents de sécurité parce que dans les établissements scolaires, personne n'est responsable de la sécurité, regrette pour BFMTV Florence Delannoy, proviseure et secrétaire nationale SNPDEN. Personne n'est réellement formé à la sécurité et nous n'avons aucun personnel dont c'est le métier que d'être agent de sécurité."

Pour répondre à ces préoccupations, l'Éducation nationale souhaite créer un centre de crise d'ici le mois de juin prochain afin de renforcer la coordination à tous les échelons scolaires.