Collège: 9% des heures de cours n'ont pas été assurées dans les établissements publics en 2023-2024, un chiffre en légère baisse
Des élèves dans une salle de classe au collège Robert Roger à Rieumes, le 4 novembre 2021 (ILLUSTRATION) - Adrien Nowak / Hans Lucas
Sur l'année 2023-2024, 10,3 millions d'heures d'enseignement n'ont pas été assurées dans les collèges publics, soit 9% des heures prévues au total, a annoncé la Cour des comptes dans un rapport publié ce vendredi 12 décembre et que BFMTV a pu consulter.
"Les élèves peuvent être privés de cours pour deux raisons principales: les vacances de postes et les absences non remplacées de leurs enseignants", précise la Cour des comptes. D'autres facteurs peuvent être la fermeture de leur établissement, en période d’examen par exemple, ou encore un risque sanitaire ou climatique.
Ce chiffre est certes en baisse par rapport à l'année scolaire précédente (11,2% d'heures en 2022-2023), mais demeure "significatif" selon la Cour qui souligne une légère hausse par rapport à 2018-2019 (8%).
Arrêt, formation, examens...
Les absences des enseignants devant les élèves résultent de plusieurs motifs, parfois personnels comme les "congés pour raison de santé" ou en lien avec leur profession (formation, organisation des examens, voyages scolaires, conseils de classe...). Ces absences peuvent être inférieures à 15 jours (dites de "courte durée"), mais aussi supérieures ou égales (dans ce cas, on parle d'absence "longue durée").
Ces dernières années, le ministère de l’Éducation nationale a noté une hausse des absences pour raison de santé: +41,3% des congés maladie entre 2018-2019 et 2023-2024. L'autorisation de travail à temps partiel pour "raison thérapeutique" a également explosé (+250%).
Durant l'année scolaire 2024-2025, le motif d'absence le plus fréquent chez les enseignants du second degré public est la "raison de santé" (29,3%).
Zones rurales "isolées" et éducation prioritaire
Les heures de cours perdues concernent davantage les "zones urbaines tendues", mais également les zones rurales "isolées", souligne le rapport. Il est aussi plus difficile de remplacer un enseignant dans une matière où l'on manque de professeurs telles que le français, les mathématiques, la technologie ou encore l'allemand.
"C’est cependant dans les collèges de l’éducation prioritaire que le temps d’enseignement perdu est le plus important", alerte la Cour des comptes. 11% des heures d’enseignement n’ont ainsi pas été assurées en 2023-2024, contre 8% hors éducation prioritaire.
"Combinée à des difficultés durables de recrutement (...), cette hausse a accru les besoins de remplacement de 15% depuis 2018-2019 et mis sous tension les viviers de remplaçants disponibles", insiste encore la Cour.
"Pacte enseignant"
Pour palier ces absences, le ministère de l'Éducation a mis l'accent sur le remplacement de courte durée en proposant une meilleure rémunération aux professeurs volontaires du "Pacte enseignant". En contrepartie, les enseignants accomplissent des missions supplémentaires comme un remplacement ou encore du soutien scolaire. De fait, les dépenses liées au remplacement ont triplé passant de 27,72 millions d'euros en 2018-2019 à 101,94 millions d'euros en 2024-2025.
En dépit des efforts fournis, les résultats sont mitigés: seuls 12% des absences de courte durée ont été remplacées depuis 2023. L'efficacité du remplacement de longue durée, qui demeure la préoccupation première des familles, s'est quant à elle dégradée passant de près de 97% en 2018-2019 à 94% en 2024-2025 dans le second degré public.
La Cour des comptes pointe également une qualité de pilotage des académies inégale dans la gestion de ce problème. Et les académies généralement les plus attractives ne sont pas les meilleures élèves.
Les académies d'Amiens, Paris, et Nancy-Metz, peu demandées par les enseignants lors des mutations, parviennent à assurer 95% des remplacements de professeurs en absence de longue durée. Cette efficacité est moyenne et similaire (94%) à Créteil, académie la moins attractive de la métropole, et à Rennes, académie la plus attractive.
Axes d'amélioration
Afin de réduire les heures d'enseignement non assurées, la Cour des comptes suggère d'annualiser dès la rentrée scolaire 2027 les heures de service des enseignants du second degré, mais également de réduire les absences institutionnelles des enseignants liées à leur profession (formation, examen, conseil de classe...).
Elle envisage également l'intégration de l'enseignement privé sous contrat dans les indicateurs de suivi nationaux et recommande d'ici 2027 le déploiement sur le plan national d'un outil d'information et d'aide à la gestion des absences de longue durée.
Dès 2026, la Cour propose également de promouvoir la bivalence des professeurs au collège en les autorisant à enseigner une seconde matière. Enfin, elle souligne l'importance de renforcer la prévention des risques psycho-sociaux liés à l'enseignement.
Sur la saisine de la Défenseure des droits, la Cour des comptes a évalué le temps d’enseignement perdu par les élèves au collège, dans les 6.700 collèges publics et privés sous contrat de France métropolitaine, depuis 2018.












