Des poissons panés avec trop peu de poisson et beaucoup de calamar

Des bâtonnets de poisson pané (photo d'illustration). - Superbass - Wikimedia Commons
Décidément, l'industrie du poisson transformé traverse une mauvaise période. Après l'enquête de 60 millions de consommateurs sur les métaux lourds en trop grande quantité dans plusieurs produits à base de poisson, c'est au tour de l'association de défense des consommateurs et usagers CLCV d'épingler certains aliments pour leur mauvaise qualité dans une enquête révélée jeudi par Le Parisien.
CLVC a passé au crible les étiquettes de 237 produits à base de poisson (surimi, rillettes, bâtonnets, nuggets, ...) et dénonce le flou entretenu par les industriels: encore un emballage sur dix n'indique pas clairement la part de poisson contenu dans le produit.
Et quand on fait le calcul, le résultat est décevant. Certains poissons panés contiennent seulement 29% de poisson, qui plus est du calamar. Le colin et le cabillaud sont trop souvent rares, rapporte Le Parisien. Pour autant, tous les produits ne se valent pas et pour choisir, mieux vaut s'en tenir à l'étiquette qu'au prix puisque parmi les produits conseillés par CLCV, on retrouve autant de grandes marques que des marques distributeurs.
Les produits pour les enfants de moindre qualité
Autre problème: le choix des morceaux de poisson incorporés. Dans plus de 75% des produits examinés, les aliments ne sont pas fabriqués à partir de filets, mais de chair et parfois de pulpe. Marine Desorge, chargée de mission alimentation pour la CLCV et interrogée par Le Parisien pointe "un mélange peu ragoûtant" de chutes de filetage, arrêtes et peau, mixé dans des broyeurs, parfois retrouvé. Et la mention du mot "filet" sur l'emballage n'est pas une garantie de qualité. Il s'agit le plus souvent de pièces de cabillaud ou colin reformées à partir de chairs agglomérées.
L'étude dénonce également la qualité encore plus faible des poissons panés ciblés pour les enfants. Les bâtonnets contiennent en moyenne 30% de chair iodée quand leurs emballages portent les mentions "kids" ou "baby", ou sont illustrés de personnages rigolos, contre 52% en moyenne lorsqu'ils sont destinés aux adultes.
Les produits junior contiennent par ailleurs moins de protéines, mais souvent du fromage et des flocons de terre. Ils sont globalement plus riches en sel, sucre et matières grasses saturées, rapporte le quotidien. Des résultats inquiétants quand on sait à quel point l'alimentation compte dans la croissance de nos progénitures.












