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Coronavirus: en plein confinement, les voisins s'organisent pour l'entraide

BFM Ambre Lepoivre avec AFP
Une femme dans un marché parisien le 18 mars 2020.

Une femme dans un marché parisien le 18 mars 2020. - JOEL SAGET / AFP

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En confinement depuis mardi midi, les Français s'entraident afin de mutualiser les tâches indispensables et ainsi limiter les sorties. Partout sur le territoire, des initiatives fleurissent.

Babysitting, impression de l’attestation de déplacement, livraison gratuite de fruits et légumes… Alors que le confinement cloître une grande partie des Français chez eux, la solidarité entre voisins s’organise.

"On sent un vrai élan, une vague de solidarité et de générosité. Et ça, c'est plutôt réjouissant dans une situation qui est dramatique", a salué ce mercredi sur France Info Atanase Périfan le créateur de l'association Voisins solidaires.

Faire les courses, promener le chien...

En collaboration avec AG2R La Mondiale - l’espace de réflexion éthique de la région Ile-de-France - Atanase Périfan a mis en ligne un kit gratuit d’entraide entre voisins. Depuis le 12 mars, il a déjà été téléchargé plus de 100.000 fois. Ce fascicule permet aux volontaires de proposer leurs services afin de limiter les sorties de chacun, ou de faire garder les enfants de ceux qui n’ont d’autre choix que de se rendre au travail.

Le kit, qui peut par exemple être affiché dans un hall d’immeuble afin d’être visible par le plus grand nombre, se compose d’un "annuaire des voisins" où il est possible d’inscrire son contact, et d’un "panneau des voisins" où l’on peut noter son nom en-dessous d’une activité comme "aller à la pharmacie", "promener le chien", "garder des enfants", "accompagner une personne chez le médecin", "faire des courses"... 

Le panneau des voisins.
Le panneau des voisins. © Voisins solidaires

"S'entraider, c'est essentiel"

Tout ceci est à faire "dans le respect des règles, bien sûr, souligne le président de l’association. Il faut qu'on fasse attention à ne pas contaminer les personnes qu'on veut aider. Mais entre laisser des personnes sans manger pendant quinze jours et pouvoir aller leur porter des repas, il n'y a pas photo". Et d’ajouter: "Aujourd'hui, on est tous dans nos immeubles. Si on peut en profiter pour s'entraider, c'est essentiel."

Les réseaux sociaux fourmillent également d'initiatives solidaires qui contre-balancent les images de supermarchés dévalisés et les incivilités provoquées par le confinement du pays. Dans un quartier de Lyon, un groupe WhatsApp a été mis en place dans une copropriété et tourne à plein régime.

"On s'est mis d'accord pour descendre dans le jardin de l'immeuble à tour de rôle afin d'éviter les contacts avec les autres enfants", explique Marion, professeure d'EPS en télétravail et maman de trois enfants. "Nous allons mettre un affichage pour que les personnes fragiles notent les courses à faire et donnent des nouvelles", ajoute-t-elle

Mobilisation sur les réseaux sociaux

En zone rurale, où l'habitat est plus dispersé, les choses s'organisent sur Facebook. Comme dans le Nord-Isère qui a fait naître le groupe "Entraide 38110 #Covid19". 38110 pour le code postal du canton de la Tour-du-Pin. Créé samedi soir, il compte déjà 569 membres.

Certains offrent des baby-sitting, d’autres proposent de livrer gratuitement dans un rayon de 15 kilomètres, une autre encore confectionnent ces propres masques de protection.

Des voisins s'entraident sur les réseaux sociaux.
Des voisins s'entraident sur les réseaux sociaux. © Capture d'écran Facebook

D'autres groupes sont nés un peu partout, comme à Auxerre ou Lyon. Certains y expriment leur colère, d'autres distillent un flot de fausses informations. D'où la mise au point d'une des administratrices de celui de la Tour-du-Pin qui appelle à "éviter les coups de gueule" sur la page ainsi que les publications inutiles.