Coronavirus: des soignants devant le Conseil d'Etat pour demander masques, tests et chloroquine

Une infirmière de l'hôpital Bichat, à Paris - Anne Chaon - AFP - HOPITAL BICHAT ASSISTANCE PUBLIQUE - HOPITAUX DE PARIS
Pour combattre la propagation du nouveau coronavirus, des soignants ont saisi le Conseil d'Etat en référé-liberté. Deux requêtes dissociées ont été formulées par des infirmiers libéraux à titre individuel ainsi que leur syndicat Infin'idels, et par le Syndicat des médecins Aix et région (SMAER). Selon Le Parisien, elles sont notamment formulées au nom du droit à la vie et du principe de précaution.
Dans la première requête, les infirmiers demandent au Conseil d'Etat d'enjoindre à l'Etat de prendre les mesures nécessaires afin que les professionnels de santé soient pourvus en matériel et de prendre des réquisitions, comme formulées dans la loi d'urgence pour lutter contre le Covid-19, afin de fabriquer masques et gel hydroalcoolique pour toute la population.
Matériel supplémentaire et chloroquine
La seconde requête portée par le SMAER porte des demandes similaires quant au matériel, mais réclame par ailleurs les moyens nécessaires pour un dépistage massif. Les médecins souhaitent aussi avoir le droit de prescrire et administrer aux patients à risque l'association de l'hydroxychloroquine et de l'azithromycine.
La première molécule est un dérivé de la chloroquine, un antipaludéen qui fait débat dans la communauté médicale. Selon le médecin marseillais Didier Raoult, directeur de l'Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection, elle serait capable de guérir le Covid-19. L'azithromycine est une substance médicamenteuse prescrite pour soigner des infections des bronches ou de la gorge.
Deuxième requête de soignants
Il s'agit de la deuxième saisine du Conseil d'Etat par des soignants en l'espace de quelques jours. Dimanche, saisie par le syndicat Jeunes médecins, la juridiction administrative suprême a statué en urgence sur la demande de renforcement des mesures de lutte contre l'épidémie de Covid-19. Les magistrats avaient refusé d'ordonner le confinement total réclamé à ces fins.
Dans les colonnes du Parisien, Daniel Latil d'Albertas, président du SMAER, s'indigne: "Comment la France, en 2020, n'est-elle pas capable de fournir des masques à sa population ni même à ses soignants, ce qui est la norme dans d'autres pays? Pour la crise du H1N1, en 2009, nous avions pourtant reçu tout ce qu'il fallait… c'est assez incompréhensible."
Même son de cloche du côté de Nicolas Choley, avocat du SMAER et du syndical Infin'idels, également cité par le quotidien: "On nous dit qu'on est en guerre, mais pour l'heure nous ne voyons que de la propagande. Ce qu'on attend, c'est désormais une industrie de guerre." Les deux requêtes seront examinées jeudi, à 15 heures.












