Comment la morale laïque sera enseignée

Vincent Peillon souhaite créer un cours spécial de morale laïque assurée par un professeur dédié, avec un programme adapté pour chaque niveau. - -
Dès 2015, la morale laïque devrait faire son entrée dans les classes. Vincent Peillon présente ce lundi le rapport sur l'enseignement de la « morale laïque » qu'il a commandé en octobre dernier à trois personnalités : Alain Bergounioux, secrétaire national à l'éducation au Parti Socialiste, Laurence Loeffel, professeur de philosophie de l'éducation à l'université Lille-3 et Rémy Schwartz, conseiller d'Etat.
Deux pistes envisagées
« Enseigner et faire partager les valeurs de la République est une des missions qui incombe à l'école », estime le ministre de l’Education nationale tout en précisant qu’elle « doit veiller à ne blesser aucune conscience tout en transmettant des valeurs communes à tous les enfants, quelles que soient, par ailleurs, leurs croyances religieuses ». Reste maintenant à savoir quelle forme prendront ces cours. La première piste est de créer un cours spécial de morale laïque assurée par un professeur, avec un programme adapté pour chaque niveau, du CP jusqu'à la terminale, comme le souhaite Vincent Peillon. Le ministre de l'éducation veut même que les élèves soient notés, comme pour les mathématiques ou l'anglais. La deuxième piste serait évoquée dans le rapport remis ce lundi : un enseignement serait le fil rouge, dans plusieurs matières assurées par différents professeurs. Dans ce cas, les élèves ne seraient pas notés.
Reste aussi la question du contenu de ces cours de morale laïque : il pourrait s'agir d'un débat, autour de questions de société comme le racisme ou les rapports homme femme.
« Des petits débats philosophiques »
Sébastien Sihrn, secrétaire général du SNUipp-FSU, syndicat majoritaire chez les enseignants du premier degré, est favorable à ce nouveau cours. « Il est nécessaire à condition qu’il prenne des formes scolaires adaptées à l’âge des enfants », précise-t-il. « De ce point de vue-là, on souhaite que dès l’école primaire, on puisse travailler sous forme de petits débats philosophiques autour d’un sujet : le racisme, la lutte contre l’homophobie, le vivre-ensemble. Ça permettrait aux enfants d’exposer leurs points de vue, de s’écouter, d’argumenter, un débat évidemment régulé par l’enseignant ».
« Les enseignants le font déjà très bien »
« Le vivre ensemble, le respect, la morale, les enseignants le font tous les jours, ils le font fort bien », estime pourtant Valérie Marty, présidente de la PEEP (Fédération des Parents d'Elèves de l'enseignement public) qui s’oppose à cette réforme. « Ça se fait dans toutes les matières, à tous les niveaux scolaires, au jour le jour, donc il n’y avait pas besoin de cela. On ne voit pas trop l’intérêt de créer cette discipline, c’est plutôt dans le quotidien qu’on fait de la morale et qu’on montre le chemin à nos jeunes ».












