Cocaïne cachée dans un avion: 4 Français jugés en République Dominicaine

Pascal Fauret et Bruno Odos seront jugés alors que 700 kg de cocaïne ont été trouvés à bord du jet privé qu'ils pilotaient. - Erika Santelices - AFP
Depuis le début de cette affaire, ils ne cessent de clamer leur innocence, assurant qu'ils ne savaient pas ce que contenaient les bagages qu'ils transportaient à bord de leur Falcon. Pascal Fauret et Bruno Odos, deux pilotes français, comparaissent à partir de ce lundi devant le tribunal de Saint-Domingue en République Dominicaine pour trafic de drogue.
Aux côtés des deux pilotes du jet privé, propriété du lunetier Alain Afflelou, deux autres Français, Alain Castany, un membre d'équipage, et Nicolas Pisapia, un homme d'affaires passager de l'avion, seront jugés dans ce dossier désormais baptisé "Air Cocaïne". Dix Dominicains seront également sur le banc des prévenus lors de l'audience qui doit débuter lundi matin à 9h00 heure locale (14h00 heure de Paris).
700 kg de cocaïne dans 26 valises
Tout débute en mars 2013 sur le tarmac de l'aéroport de Punta Cana en République Dominicaine. Alors que l'avion s'apprête à décoller, direction Saint-Tropez, les autorités saisissent 26 valises dans lesquelles sont réparties près de 700 kg de cocaïne. Immédiatement, les deux pilotes, le membre d'équipage et le passager sont arrêtés puis emprisonnés sur le sol dominicain.
Au total, dans le cadre de cette enquête, ce sont 48 personnes qui sont interpellées parmi les services de sécurité de l'aéroport et dans les rangs de la police locale, notamment.
Libération conditionnelle en juin
Après sept reports d'audience, le procès "Air Cocaïne" aurait dû débuter le 22 septembre dernier. Mais il avait été reporté à la demande de plusieurs avocats de la défense, en raison de l'absence de certains témoins et d'interprètes. "Nous sommes prêts, avec nos témoins, pour faire connaître (les faits) ce lundi et ce que nous espérons, évidemment, c'est que nos clients soient blanchis", a assuré samedi l'avocate Maria Elena Gateraux, qui représente les deux pilotes.
En libération conditionnelle depuis le mois de juin, après 15 mois de détention dans les geôles dominicaines, les deux pilotes, sous la coupe d'une interdiction de sortie du territoire, n'ont jamais caché leur appréhension à l'idée de passer devant le juge. "Ce n'est pas un truc qui me réjouit. On n'est pas des habitués de ce genre d'exercice. On était des gens sans histoire avec des vies professionnelles et familiales traçables et reconnues", avait confié Bruno Odos à RTL. "Cette histoire, ce n'est pas la nôtre", surenchérissait-il.
Nicolas Sarkozy nommé dans l'affaire
Après l'arrestation des quatre Français, l'enquête s'était également orientée vers la France. Avec au coeur de l'enquête, la société SNTHS, une compagnie de leasing, à qui était loué le Falcon 50, propriété d'Alain Afflelou, nullement impliqué dans le dossier.
Dans le volet français du trafic de drogue présumé, un douanier et plusieurs dirigeants de cette entreprise ont déjà été mis en examen. Mais plus surprenant, les enquêteurs ont aussi mis la main sur plusieurs factures, sur lesquelles le nom de Nicolas Sarkozy apparaissait. L'ex-chef de l'Etat a eu recours aux services de cette société de leasing pour voyager, des trajets facturés à la société Lov Group, la société de l'homme d'affaires Stéphane Courbit et qui pourraient constituer des "abus de biens sociaux et recels".
Interrogé par Le Monde en septembre, l'avocat de Stéphane Courbit, Me Ingrain, avait confirmé la prise en charge de trois déplacements de Nicolas Sarkozy, en niant toute fraude. "Ces vols avaient pour objet la création d'un fonds d'investissement dans lequel l'ancien président de la République aurait été impliqué. Nous détenons tous les documents nécessaires pour le prouver", avait détaillé Me Ingrain.












