Clichy : le calvaire des habitants du Chêne-Pointu, privés d’ascenseur

La ville a du prendre en charge des porteurs pour monter les courses et aider ceux qui ont des difficultés à gravir les 10 étages. - -
Cela fait deux ans que ça dure : à Clichy-sous-Bois, les 6000 habitants du quartier du Chêne-Pointu attendent toujours des ascenseurs qui fonctionnent pour gravir les dix étages de leurs immeubles.
Depuis fin 2011 en effet, les 16 ascenseurs ne fonctionnent plus car la copropriété, endettée, ne peut pas prendre en charge les réparations : il lui faudrait 2 millions d'euros. L'an dernier, l'Agence nationale d'amélioration de l'habitat et le Conseil général avaient promis de prendre en charge ces travaux, mais depuis, rien n'a changé pour les habitants.
La mairie de Clichy-sous-Bois a même dû embaucher des « porteurs » pour aider les riverains à porter les courses ou encore les poussettes. Ils sont là, 4h par jour, pour 800 euros par mois, et leurs contrats ont été prolongés jusqu'au mois d'octobre.
« Des rats, balèzes »
En attendant, la situation se dégrade. Avec la chaleur se greffent en effet des problèmes d’hygiène car certains habitants, lassés de devoir à chaque fois monter 10 étages à pied, jettent les poubelles par les fenêtres, ce qui attire les rats. « Et ils sont balèzes, les rats ! », témoigne Djibril, un jeune père de famille.
« Il n’y a même pas une semaine, j’ai reçu une couche qui est tombée droit devant moi. Les gens ne veulent plus descendre ». Et même si la saleté et l'odeur de leur cage d'escalier est difficilement supportable, la majorité des familles paient toujours leur loyer de 900 euros en moyenne. « On n’a pas le choix, si on ne paye pas le loyer, on sera convoqués devant la justice », s’indigne Boubakeur, lassé par des mois de démarche et qui habite toujours au 8e étage.
« C’est un calvaire »
« Je suis fatigué tous les jours, j’ai mal au dos, tout ça à cause des escaliers », témoigne aussi Massiré, un père de trois enfants qui habite au 7ème étage du Batiment C. « On a nos courses à monter, nos familles, on ne peut pas rester coincés dans l’appartement, il faut aller travailler, aller chercher de quoi faire vivre la famille ! C’est un calvaire, personne ne prend la responsabilité de cette situation, on ne sait pas comment s’en sortir ». Aujourd’hui, la plupart des habitants de ce quartier où 70% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté ne rêvent que d’une chose : quitter le Chêne pointu.
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