Chevaline : «C’est un dossier de longue haleine»

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La vie a repris son cours à Chevaline, un moins après l’assassinat d’une famille britannique d’origine irakienne et d’un cycliste. Pour le moment, aucune interpellation n’a eu lieu pour démasquer les auteurs du meurtre de toute la famille Al-Hilli et de Sylvain Mollier, le cycliste qui, apparemment, s’est trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment. « Mais les gens parlent, évidemment, c’est toujours au centre des discussions, raconte Didier Bertholet, le maire de Chevaline. On entend des rumeurs sur le cycliste, le passé irakien, anglais… Il y a tellement d’informations qui arrivent que les gens ont beaucoup d’imagination ».
« On a parlé du Mossad, d’arme tchèque, maintenant de mafia serbe… »
De l’imagination, en effet, il en faut pour remonter le fil de l’histoire. Eric Maillaud, le procureur de la République d’Annecy, s’étonne que chacun y aille de son interprétation. Ainsi, selon un média de l'ex-Yougoslavie, la méthode et l'arme utilisées pour éliminer cette famille fait penser à des méthodes de la mafia serbe. « On peut tout inventer et malheureusement, l’engouement qu’a suscité cette affaire fait que chacun, dans son coin, à partir des éléments de ce qu’il croit être une information vérifiée et trouvée sur le net, se créé une version des faits. On a parlé du Mossad, on a parlé d’arme tchèque, maintenant de mafia serbe, il faut laisser dire. Les enquêteurs travaillent, essayent de réunir des éléments les plus sérieux possibles, si la méthode utilisée pour tuer peut faire penser effectivement à une mafia quelle qu’elle soit, les enquêteurs y ont évidemment pensé et tacheront de faire les vérifications qui s’imposent ».
« L’enquête progresse »
Le travail continue donc, et ce n’est pas parce qu’on n’en parle pas qu’il ne se passe rien : « L’enquête progresse évidemment, explique-t-il, et ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de résultats tangibles en terme de mise en examen qu’elle n’avance pas. On s’étonne de ce qui pourrait passer pour une lenteur de la justice, mais je vous renvoie vers tous les dossiers de meurtres où il n’y a qu’une personne tuée, dont personne ne parle, et qui sont ouverts dans les cabinets des juges d’instruction depuis un, deux, trois ans, voire plus ». Selon lui, l’attente est simplement due au caractère exceptionnel de l’affaire. « C’est une série de meurtres dont on a beaucoup parlé, ce n’est pas un dossier dans lequel les pistes sont évidentes et ça rend les choses beaucoup plus compliquées. C’est un dossier vraisemblablement de longue haleine ».
Pour le moment, les enquêteurs suivent prioritairement trois pistes : familiale, professionnelle, et irakienne.












