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Chasse: les pistes du gouvernement pour réduire les accidents

BFM Dominique Mari avec Hugo Septier
Le gouvernement envisage d'instaurer un délit d'alcoolémie pour les chasseurs et dans certaines régions des demi-journées sans chasse

Le gouvernement envisage d'instaurer un délit d'alcoolémie pour les chasseurs et dans certaines régions des demi-journées sans chasse - Valentine CHAPUIS © 2019 AFP

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Bérangère Couillard, secrétaire d'État chargée de l'Écologie, assure que toutes les propositions sont "sur la table" et que la collaboration se poursuit avec les fédérations de chasseurs.

Comment circonscrire les accidents de chasse, qui font une nouvelle fois l'actualité ces derniers jours alors que la saison bat son plein? Si les opposants à cette pratique demandent son interdiction pure et simple, le gouvernement travaille sur plusieurs axes afin de réduire drastiquement les risques.

En déplacement dans une maison de la chasse dans le département de la Marne, Bérangère Couillard, secrétaire d'État chargée de l'Écologie et en charge du dossier, a fait le point sur la situation française.

"Il y a encore trop d’accidents. Même si l’accidentologie a baissé ces vingt dernières années, on peut toujours regretter qu’il y ait près de 90 accidents par an dont huit mortels. L’objectif étant vraiment d’améliorer et la protection des usagers de la nature et des promeneurs, mais aussi de sécuriser la pratique de la chasse pour ses usagers", a-t-elle dit, rappelant que "dans 8 cas sur 10, ce sont les chasseurs qui sont les victimes."

"Tout est sur la table"

Alors pour inverser la tendance, le gouvernement pourrait dans un premier temps imposer des angles de tir à 30° pour les battues au gros gibier. "C'est une proposition qui pourrait s’inscrire dans un socle", assure Bérangère Couillard, qui estime que "tout est sur la table" et que le travail se fait en lien avec les différentes fédérations départementales de chasse.

Autre possibilité, celle de limiter l'alcoolémie à 0,5 g/L de sang maximum, comme pour un usager de la route. Cette exigence est l'une des principales recommandations du Sénat dans son rapport d'information sur la sécurisation de la chasse rendu en septembre dernier.

"Je pense que nous devons être très clairs sur comment encadrer le taux d’alcoolémie. Je ne veux pas focaliser dessus, car je ne crois pas que ce soit la première raison des accidents, mais il doit y avoir des règles comme pour celui qui conduit, tenir une arme n’est pas anodin", insiste la secrétaire d'État.

Également sur la table, la très controversée interdiction de la chasse certains jours ou sur certaines plages horaires. "Il n’y a pas de sujets tabous", martèle Bérangère Couillard, qui rappelle une nouvelle fois que rien n'est pour l'heure décidé.

Vers des sanctions?

Parmi les autres propositions, la formation des chasseurs aux premiers secours ainsi qu'une meilleure information à l'adresse des promeneurs. À ce sujet, plusieurs fédérations de chasse ont déjà mis au point des applications afin d'avertir de battues dans certains départements.

Les nouvelles règles voulues par le gouvernement devraient être dévoilées avant Noël. Le cas échéant, celles-ci seraient accompagnées de sanctions en cas de non-respect lors d'une partie de chasse. "Ce sera demain condamné et clairement les fédérations départementales de chasse étaient plutôt favorables, ils trouvent ça normal", conclut la secrétaire d'État.